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26/01/2018 17:59 EST | Actualisé 26/01/2018 17:59 EST

Le milieu des affaires espère des ententes sur certains sujets moins litigieux

Ces ententes devront être avalisées par les ministères canadiens, mexicains et américains responsables de ces négociations.

Marc Bruxelle via Getty Images

MONTRÉAL — Les négociateurs sont près d'une entente sur six chapitres qui ne prêtent pas à la controverse, dont l'un porte sur le commerce électronique et l'autre sur la lutte à la corruption, au cours de la présente ronde des discussions sur la refonte de l'Accord de libre-échange nord-américain qui se déroule à Montréal, ont indiqué des sources canadiennes et mexicaines.

L'entente sur ces six points ne sera pas officielle tant et aussi longtemps qu'elle ne sera pas revue par les ministres canadien, mexicain et américain responsables des négociations pour leur pays respectif.

La possibilité de «mettre de côté» ces chapitres soulève l'espoir parmi les communautés d'affaires mexicaines et canadiennes que des progrès importants seront réalisés à Montréal, assez pour permettre la poursuite des négociations.

Ce progrès apparent projette un éclairage sur les aspects moins litigieux des présentes négociations.

Plusieurs experts jugent que tout progrès sur les points les plus faciles à négocier est essentiel.

«Selon nous, des progrès ont été réalisés dans six à dix chapitres. Je ne dis pas que (les négociateurs) ont conclu une entente, mais un progrès important. Les ministres ont le dernier mot», a indiqué vendredi Moises Kalach, un membre d'un comité du secteur privé qui conseille le gouvernement mexicain.

Le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, ne contredit pas les propos de M. Kalach.

«Le nombre de chapitres sur lesquels des progrès ont été réalisés ? Je ne sais pas. Mais il y a une occasion de s'entendre sur certains d'entre eux, a-t-il dit au cours d'une entrevue. Quand on arrivera aux enjeux plus politiques, cela deviendra plus difficile.»

Le commerce électronique, la lutte à la corruption, la facilitation des échanges et le chapitre portant sur les «mesures sanitaires et phytosanitaires» figurent parmi les sujets sur lesquels des progrès ont été réalisés, affirme l'homologue mexicain de M. Beatty, Juan Pablo Castanon Castanon.

Toutefois une source familière avec les négociations a jeté une douche froide sur ces vues optimistes, niant que des ententes sur certains dossiers aient été conclues. Parlant sous le couvert de l'anonymat, il s'est contenté d'avancer que le Canada espérait réaliser des progrès sur la lutte contre la corruption, le commerce électronique, les échanges frontaliers, les mesures sanitaires et phytosanitaires et les télécommunications au cours de l'actuelle ronde.

Contre-propositions

Il reviendra au représentant commercial des États-Unis, Robert Lighthizer, de déterminer si les contre-propositions canadiennes sont suffisantes, a prévenu vendredi le négociateur en chef du Québec dans le dossier de l'ALÉNA.

Le Canada devra donc patienter encore plusieurs jours avant d'apprendre s'il en a fait assez pour assurer la poursuite des discussions.

Les négociateurs canadiens ont notamment mis sur la table de plus fortes exigences de contenu continental pour les automobiles. Ils se sont aussi prononcés quant au mécanisme de résolution des disputes de l'ALÉNA et à la controversée clause d'extinction de cinq ans.

Le Canada a présenté ses propositions cette semaine, lors de la sixième ronde de négociations qui se poursuit à Montréal.

M. Lighthizer n'est toutefois attendu que dimanche. Il clôturera la ronde en participant à une conférence de presse avec la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland et le négociateur mexicain Ildefonso Guajardo.

Le négociateur en chef du Québec, l'ancien ministre Raymond Bachand, a dit que la délégation canadienne n'attend aucune réponse tant que M. Lighthizer ne se sera pas prononcé.

Mme Freeland a discuté des contre-propositions canadiennes avec M. Lighthizer jeudi à Davos, en Suisse, en marge du Forum économique mondial. La délégation canadienne rapporte qu'il n'a «rien rejeté d'emblée», mais qu'il est resté essentiellement neutre.