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25/01/2018 12:48 EST | Actualisé 25/01/2018 13:03 EST

Un professeur de l'université McGill soupçonné d'espionnage pour la Chine

« Je n'ai aucun commentaire à faire », a répondu jeudi Ishiang Shih.

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Un chercheur de l'université McGill à Montréal est soupçonné d'avoir participé au vol d'une technologie américaine sensible au profit de la Chine, un dossier pour lequel son frère a été inculpé aux Etats-Unis, selon l'édition jeudi du quotidien LaPresse+.

Ishiang Shih aurait utilisé son laboratoire de recherche de l'université McGill pour analyser un échantillon de circuits électroniques MMIC (circuit intégré monolithique hyperfréquence), notamment utilisés dans les équipements radars de l'armée américaine. Cet échantillon lui a été envoyé des Etats-Unis, selon le quotidien montréalais.

"Je n'ai aucun commentaire à faire", a répondu jeudi Ishiang Shih à l'AFP.

Le chercheur a assuré à LaPresse+ que l'échantillon lui avait servi à "rédiger une demande pour une subvention de recherche".

Son frère, Yi-Chi Shih, a été arrêté par le FBI la semaine dernière et se trouve accusé par la justice américaine pour avoir mené une "opération visant à obtenir une technologie, dont une partie aurait été envoyée en Chine", ce qui est interdit, selon un communiqué vendredi du ministère américain de la Justice.

JYS Technologies, entreprise en banlieue de Montréal détenue par l'universitaire, a été perquisitionnée vendredi dernier par la police fédérale canadienne. Cette société aurait envoyé 800 000 dollars à son frère et un autre complice, ce qui a éveillé les soupçons de la police fédérale américaine.

Avec l'aide d'un complice, Yi-Chi Shih aurait monté une société écran aux Etats-Unis pour obtenir des échantillons de la technologie auprès d'un fabriquant américain pour ensuite l'exporter, notamment en Chine.

Les échantillons incriminés ont été envoyés à Chengdu (Chine, centre) à l'entreprise CGTC, liée au frère du chercheur montréalais et sur la liste noire du département du Commerce américain en raison de son "implication dans la fourniture de matériaux et technologies pour utilisation militaire non-autorisée en Chine", selon la justice américaine.

Cette technologie, si elle venait à être obtenue et copiée par un acteur étranger, "compromettrait les intérêts commerciaux américains" et ces "informations très sensibles" bénéficieraient également à des adversaires étrangers qui souhaiteraient "développer des applications militaires qui seraient néfastes à notre sécurité nationale", précise le communiqué de la justice américaine.