POLITIQUE
25/01/2018 16:43 EST | Actualisé 25/01/2018 16:44 EST

Exposé à des radiations à l'usine, un travailleur sera finalement indemnisé

Il avait subi une aggravation et une complication de son cancer de la vessie.

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Le Tribunal administratif du travail a finalement donné raison à un travailleur de Trois-Rivières qui avait été exposé à des radiations à l'usine Sucro Can. Il a statué que le travailleur, qui avait subi une aggravation et une complication de son cancer de la vessie, a droit aux prestations prévues par la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles.

Le travailleur, Michel Plante, ainsi que le cabinet d'avocats qui a défendu son dossier devant la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ont rencontré la presse, jeudi à Montréal, pour relater ses démarches.

M. Plante est chimiste et devait travailler près d'une machine qui détectait la présence de particules de métal dans le sucre manipulé à l'usine. Or, cette machine émettait des radiations, mais c'est un rapport d'inspection effectué sur une machine identique, en Ontario, qui a confirmé les doutes.

Le rapport avait révélé que les radiations périphériques émises par l'appareil à rayons X étaient supérieures aux normes de sécurité.

M. Plante n'avait pas de formation ni de dosimètre pour mesurer les radiations auxquelles il était soumis à son insu.

Son cancer de la vessie n'est pas d'origine professionnelle, parce que le développement d'une telle maladie prend un certain temps, mais selon le docteur Bernard Fortin, radio-oncologue à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, les radiations ont «certainement joué un rôle dans la mauvaise guérison de la vessie, puisque la radiation est bien connue pour retarder la cicatrisation et cette radiation a pu aussi théoriquement participer à engendrer le second cancer du travailleur».

M. Plante a travaillé à cette usine de Trois-Rivières de janvier 2014 à avril 2015. Il estime qu'il travaillait l'équivalent d'une heure par jour près de cet appareil. D'autres salariés y travaillaient aussi et durant un plus grand nombre d'heures encore, selon lui.

Comme d'autres travailleurs ont été exposés à la même machine, l'avocate au dossier, Me Sophie Mongeon, les invite à faire une réclamation préventive à la CNESST et à consulter un médecin, puisqu'il existe un délai avant l'apparition des problèmes de santé. Le cabinet d'avocats ignore où se trouve cette machine aujourd'hui.

Nouvelle direction

La nouvelle direction de l'entreprise a plus tard émis un communiqué pour exprimer son souhait que M. Plante se rétablisse rapidement; elle dit sympathiser avec lui.

Elle a rappelé que l'ancienne CSST, aujourd'hui CNESST, «n'a jamais sanctionné l'entreprise du boulevard Parent et que l'appareil mentionné dans le jugement n'a jamais été évalué par la CNESST». La machine «n'est d'ailleurs plus en opération depuis plusieurs mois», a précisé Yannick Bineau, directeur des opérations de Sucre Solution inc (sous sa nouvelle appellation).

L'entreprise a été vendue en mars dernier. «De nouveaux dirigeants sont alors entrés en fonction. Elle (l'entreprise) ne possède aucun lien avec l'ancienne entité. La nouvelle direction a rencontré ses employés jeudi matin. Elle offrira un programme d'aide aux employés si ces derniers en expriment le besoin», a-t-elle fait savoir par voie de communiqué.

Sucre Solution inc. emploie 20 personnes.