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24/01/2018 14:40 EST | Actualisé 24/01/2018 17:02 EST

JO de Pyeongchang: Christopher Del Bosco s'inspire de Kraus et veut rompre le mauvais sort

Le Montréalais d'adoption a vécu de nombreuses déceptions au cours de sa carrière en ski cross.

MONTRÉAL - À 35 ans, Christopher Del Bosco est conscient que les Jeux olympiques de Pyeongchang pourraient constituer sa dernière véritable chance d'obtenir une médaille olympique.

Le Montréalais d'adoption a vécu de nombreuses déceptions au cours de sa carrière. La plus amère demeure probablement celle aux Jeux de Vancouver en 2010. Del Bosco avait alors fini quatrième en ski cross après avoir chuté près de la ligne d'arrivée, en tentant un dépassement. En tombant, il avait non seulement encaissé un solide coup à la tête et à une épaule, mais aussi à l'orgueuil.

Les choses ne se sont guère mieux déroulées aux Jeux de Sotchi en 2014, alors qu'il avait été éliminé avant les quarts de finale et avait dû se contenter d'une 17e position. Malgré ces nombreux revers, Del Bosco n'a jamais cessé de croire en ses chances. Et il n'a pas eu à regarder bien loin pour trouver une source de motivation lorsque le temps est venu d'entreprendre un autre cycle olympique.

Elle se trouvait juste à côté de lui, dans le portillon de départ.

Tomas Kraus, qui est âgé de 43 ans, est considéré comme une légende du ski cross. Le Tchèque, qui est toujours actif auprès de la FIS, a remporté quatre globes de cristal de la discipline en 2005, 2006, 2008 et 2009 et a même réussi à devenir double champion du monde en 2005 et 2007.

Et Kraus, à l'instar de Del Bosco, n'a jamais pu faire mieux qu'une 11e place aux Jeux olympiques, à Vancouver en 2010.

"Quand j'ai commencé (le ski cross), Tomas Kraus gagnait toutes les courses, et je voulais être capable de faire comme lui, se souvient Del Bosco. Kraus tire sa motivation des jeunes qui poussent derrière lui, un peu comme moi. Vous savez, nous sommes quelques-uns de mon âge à nous entêter à continuer. Mais tant que je serai compétitif, je continuerai."

Et il l'est.

AI Project / Reuters

Lors de la saison 2015-2016, Del Bosco a terminé au deuxième rang du classement général du circuit de la Coupe du monde pour une quatrième fois en carrière, après avoir accompli l'exploit de 2009 à 2011.

Mais comme c'est souvent le cas en ski cross, le champion du monde à Deer Valley en 2011 a été ralenti par une blessure au ménisque d'un genou en 2016-17.

"Ç'a été difficile la saison dernière. Les choses ne fonctionnaient tout simplement pas, admet-il candidement. C'était frustrant. J'ai atterri très violemment sur un genou en Suède en février dernier, et j'ai dû composer avec la douleur pendant le reste de la saison. Mais je suis parvenu à sauver les meubles en fin de saison, avec ma médaille d'argent à Blue Mountain, donc j'ai terminé ma saison d'une façon positive."

Puis, il est passé sous le bistouri au printemps. De l'avis du principal intéressé, les derniers mois ont ressemblé énormément à ceux qui avaient suivi une intervention chirurgicale au tendon rotulien d'un genou après les Jeux de Vancouver en 2010. Ce qui n'est pas nécessairement mauvais signe.

"Je me suis déjà trouvé dans cette situation avant, et je suis convaincu de savoir ce qu'il me faut", affirme Del Bosco, qui avait effectué un retour sur la neige six mois après la chirurgie en 2010, alors qu'on lui avait annoncé qu'il pourrait devoir attendre un an pour le faire.

"(En 2010), je me disais que c'était normal, donc j'ai pris mon temps et je me suis soumis au processus de rééducation, poursuit celui qui a repris la compétition à la Coupe du monde de Val Thorens, en France, le 7 décembre. J'étais retourné sur mes skis à peu près au même moment que cette année, en novembre, et je me souviens très bien d'avoir gagné le championnat du monde (en 2011) et d'avoir connu une de mes meilleures saisons en carrière cette année-là. J'espère que ce sera aussi le cas cette saison."

D'ailleurs, le quadruple médaillé des X Games d'hiver croit que la pause de cet été lui sera bénéfique puisqu'il a pu peaufiner certaines facettes de son ski qui ne nécessitaient pas d'entraînement sur la neige. Et elle l'a été. Del Bosco a signé sa première victoire en Coupe du monde lors de l'épreuve de Val Thorens, en France, le 7 décembre dernier.

"Je ne suis pas reconnu pour la qualité de mes départs. La pause de cet été m'a permis de prendre du recul et de me concentrer à renforcer le haut de mon corps, ainsi que mon explosion au départ, a-t-il souligné. Ç'a vraiment bien été, et le fait que la saison a commencé en décembre m'a permis de peaufiner ma technique. J'ai donc l'impression que je suis vraiment là où je veux être."

Del Bosco tentera de grimper sur le podium lors de l'épreuve de ski cross masculin aux Jeux olympiques de Pyeongchang, qui se déroulera le 21 février.

CHRISTOPHER DEL BOSCO EN BREF

ge: 35 ans (30 mars 1982)

Taille: 6'1'' et 201 lbs

Ville natale: Colorado Springs, Colorado. Ville d'attache: Montréal

Autre sport: Del Bosco est un cycliste professionnel qui passe ses étés sur deux roues à participer aux épreuves de vélo de montagne du circuit Enduro, comme sa coéquipière Brittany Phelan, également membre de l'équipe canadienne de ski cross.

Autres intérêts: Dans l'espoir de laisser sa marque, Del Bosco est en voie de lancer une organisation sans but lucratif, dont l'objectif sera d'aider d'autres athlètes à atteindre leurs rêves. Le projet est encore embryonnaire. Il songe également à lancer sa propre entreprise de vélos de montagne, qui seraient conçus à partir de sa vaste expérience dans ce sport.

De tout et de rien : 17 ans, il a perdu ses titres nationaux aux États-Unis en ski alpin et en vélo de montagne en plus de recevoir une suspension de deux ans en raison d'un test positif à la marijuana et au GHB. Un jour, il s'est réveillé en hypothermie dans un fossé avec le cou brisé, alors qu'il ne portait qu'un t-shirt. Il a décidé de devenir sobre en septembre 2006, après avoir reçu sa troisième contravention en trois ans pour conduite avec les facultés affaiblies. Il a décidé de rendre son histoire publique pour qu'on ne l'accuse pas de cacher des choses.