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23/01/2018 17:16 EST | Actualisé 24/01/2018 10:30 EST

La skieuse Valérie Grenier se donne à fond dans tout ce qu'elle entreprend

Valérie Grenier est presque née avec des skis aux pieds. Elle a commencé le ski alpin à un an et demi et le ski nautique à deux ans.

Eric Bolte-USA TODAY Sports

Depuis ses succès dans les rangs juniors, elle est souvent comparée à Mélanie Turgeon. Et il y a effectivement plusieurs similitudes entre l'ex-championne du monde de descente et Valérie Grenier. Les deux athlètes sont reconnues pour leur détermination et leur désir de se surpasser. Et elles ont toutes deux percé sur la scène internationale à un jeune âge.

Quand on fait allusion à ce rapprochement avec elle, la Franco-Ontarienne de Saint-Isidore sourit timidement, avant de reconnaître qu'elle a été inspirée par la carrière de Turgeon.

"Je l'ai suivie depuis que je suis toute jeune, mentionne Grenier, qui a appris son ski à Tremblant là où ses parents avaient un condo. Elle venait souvent skier à la station et je la trouvais incroyable. J'étais fière quand les gens me disaient que je lui ressemblais et que je suivais ses traces."

À l'instar de Turgeon, Grenier n'a pas tardé à faire impression sur le circuit de la Coupe du monde. À son troisième départ en 2015 à l'âge de 19 ans, elle a obtenu la 13e position du super-G de St-Moritz, en Suisse, malgré son modeste dossard no 50.

"J'en garde un bon souvenir même si c'était une course bizarre, se rappelle celle qui est maintenant âgée de 21 ans. Il y avait une porte en fin de parcours qui était vraiment difficile à négocier et plusieurs filles sont sorties de piste à cet endroit. Il y a donc eu moins de concurrentes qui ont terminé l'épreuve.

"Comme j'ai réussi à franchir cette porte, j'ai terminé 13e. Quand je suis arrivée en bas, je ne comprenais pas ce qui se passait. C'est certain que j'avais bien skié. Mais ce n'était pas une course aussi juste que d'habitude. Mais c'était le 'fun' de commencer sur cette note."

Maniaque de ski

Valérie Grenier est presque née avec des skis aux pieds. Elle a commencé le ski alpin à un an et demi et le ski nautique à deux ans.

"Mes parents adoraient les deux sports et ils m'ont transmis leur passion."

Si elle est parvenue à concilier les deux sports pendant longtemps, il lui a fallu éventuellement faire un choix déchirant.

"L'été, je faisais du ski nautique à temps plein. Puis un peu plus vieille, j'ai commencé à aller en Floride pour l'entraînement. Ensuite tout l'hiver, c'était le ski alpin. Je faisais moitié-moitié et c'était parfait pour moi. Le ski alpin était bon pour le ski nautique et vice-versa. La formule fonctionnait bien pour moi.

" À l'âge de 15 ou 16 ans, alors que j'étais membre de l'équipe du Québec, je commençais à manquer les camps d'été et les entraîneurs n'étaient pas tellement d'accord avec ça. C'est à ce moment que j'ai décidé d'arrêter le ski nautique. Même si ça faisait plus de sens en raison de la perspective des Jeux olympiques, la décision n'a pas été facile à prendre."

Même si elle continue à pratiquer le ski nautique pour le plaisir l'été, la compétition lui manque.

"Quand j'en fais, je me limite au slalom. Mais quand je faisais de la compétition, il y avait les sauts et les figures. Je m'ennuie vraiment des sauts. C'était une sensation incroyable de frapper la rampe et d'aller le plus loin possible dans les airs. Je m'ennuie vraiment de cette sensation."

Aucun compromis

Quand on lui demande de se décrire comme athlète, Grenier se dit incapable de demi-mesure, même si ce tempérament lui joue parfois des tours

"Les gens me comparent souvent à un cheval de course. Je suis le genre de personne qui se donne au maximum à chaque course, à chaque entraînement. Je ne cherche pas la perfection, je cherche seulement à y aller à fond et à espérer le mieux. Mais des fois, ça ne marche pas toujours, surtout si le parcours est plus difficile."

Son caractère lui vient de son père, qui a pratiqué le hockey plus jeune et qui se donne à fond dans tout ce qu'il entreprend.

"Une des choses qu'il m'a apprise dans la vie, c'est de terminer ce que je commence. J'ai fait beaucoup de sports dans ma vie et, dans chaque sport que j'ai pratiqué, je me suis toujours donnée à fond, comme lui."

Malgré une progression satisfaisante en 2016-17 avec quelques top-30, l'athlète féminine de l'année de Canada Alpin s'impatiente parfois.

"Je sais que je vais dans la bonne direction. Mais des fois, je trouve que ça prend trop de temps. Je veux toujours être meilleure et plus vite. Je sais que je dois être patiente. Je suis capable de l'être mais, à l'occasion, je suis excitée et je veux que les choses arrivent tout de suite. Je dois me calmer et reconnaître que je suis encore relativement jeune, qu'il faut que je me donne le temps."

Elle connaît d'ailleurs une saison en deçà de ses attentes alors qu'elle doit apprendre à mieux doser ses efforts en raison de douleurs chroniques aux tibias provoquées par le "syndrome des compartiments", un problème avec lequel elle devra composer pendant le reste de sa carrière. Son meilleur résultat cette saison au circuit de la Coupe du monde demeure une 26e position lors du super-G de Lake Louise mi-décembre.

Apprentissage

Celle qui envisage de vivre sa première expérience olympique à Pyeongchang, la composition de l'équipe canadienne de ski alpin sera confirmée le 29 janvier, ne sait pas trop à quoi s'attendre. Une chose est sûre, elle veut éviter de s'imposer une pression indue même si elle vise à faire de son mieux.

"Je veux en profiter, m'amuser tout en gardant mon focus, parce que c'est une compétition importante. Je ne veux pas me mettre trop d'attentes, rien de trop difficile à atteindre. Je sais que ces Jeux me permettront surtout de prendre de l'expérience et, même si ça ne va pas aussi bien, ce ne sera pas la fin du monde. Mais c'est certain que je veux donner mon maximum."

D'ailleurs, pour s'assurer d'arriver à Pyeongchang dans la meilleure forme possible, Grenier s'est surtout concentrée sur les épreuves de vitesse, délaissant le slalom cette saison.

"J'ai disputé les quatres disciplines l'an dernier (ndlr: slalom, slalom géant, super-G et descente). Je n'avais jamais de pause et, en fin de saison, j'ai ressenti la fatigue en plus d'avoir plus de difficultés à me concentrer. Mon programme cette saison m'offre quelques pauses."

Son plan de carrière est clairement tracé dans sa tête.

"Je veux seulement atteindre mon plein potentiel. Selon moi, je pense que je suis capable de gagner des médailles un jour. J'ai toujours voulu faire partie des meilleures dans mon sport. Depuis que je suis très jeune, je dis que je veux une médaille olympique. Je vais continuer à me battre pour atteindre cet objectif."

VALÉRIE GRENIER EN BREF

Âge: 21 ans (31 octobre 1996)

Taille: 5'7''

Ville natale: Saint-Isidore, Ontario

Jeunesse: Née sur une ferme de production d'oeufs de l'Est ontarien. "Je suis restée très attachée à mon coin de campagne. Plus jeune, j'aidais beaucoup à la ferme."

Autres sports: "Pendant l'été, je joue au tennis et je fais beaucoup de vélo de route."

Passe-temps: "J'aime beaucoup la lecture. C'est bon pour moi, ça me calme. Je ne suis pas tellement attirée par la fiction, plutôt des livres romantiques, des livres motivants. Pendant les compétitions, j'aime appeler ma mère et lui parler d'autres choses."