POLITIQUE
22/01/2018 13:43 EST | Actualisé 22/01/2018 17:43 EST

Trudeau veut séduire les investisseurs au Forum économique mondial de Davos

Il aura l'occasion de convaincre des géants d'investir au Canada.

Paul Chiasson/PC

Justin Trudeau est arrivé lundi en Suisse afin de participer au Forum économique mondial (FEM), où il tentera de convaincre certains des plus riches chefs d'entreprises de la planète d'investir au Canada.

Il profitera mardi de sa tribune devant le gratin des milieux économique et politique réunis à Davos pour livrer un plaidoyer en faveur de l'égalité des sexes et de l'avancement des femmes sur le marché du travail.

Le premier ministre canadien cherchera à convaincre dirigeants politiques et chefs d'entreprises qui écouteront son discours au FEM d'embaucher plus de femmes et de mettre en place les conditions pour les garder en poste _ et les faire monter en grade.

Il notera que l'expérience a démontré qu'une plus grande inclusion des femmes dans le secteur de l'emploi constituait un vecteur de prospérité, ce à quoi aspirent les dirigeants à qui il adressera son message en ces temps économiques incertains.

Et alors même que son gouvernement négocie deux traités commerciaux majeurs, soit l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et le Partenariat transpacifique (PTP), il fera aussi la promotion d'une mondialisation respectueuse des travailleurs de la classe moyenne.

Une source gouvernementale qui a fourni ces détails à bord de l'avion en route vers la Suisse, lundi, a tracé un parallèle entre l'allocution que fera Justin Trudeau dans la ville huppée et celle qu'il avait livrée il y a quelques mois à des invités triés sur le volet à Hambourg.

Les propos ne seront pas les mêmes, mais le procédé le sera: aux élites politiques et financières, le premier ministre dira que leur pouvoir de façonner la société s'accompagne d'une responsabilité envers ceux que les décisions affectent, a exposé cette même source.

Le plaidoyer suisse de Justin Trudeau, qui doit durer entre dix et quinze minutes, semble taillé sur mesure pour le sommet, qui se déroule cette année sous le thème "Construire un avenir commun dans un monde fracturé".

Il faudra voir s'il sera en décalage par rapport au discours que doit offrir Donald Trump devant les mêmes élites qu'il a abondamment pourfendues.

Une source gouvernementale a indiqué lundi qu'il était peu probable que les deux hommes échangent en tête-à-tête en marge du FEM.

Le premier ministre aura par ailleurs déjà quitté Davos _ son avion s'envole tard jeudi soir _ lorsque le président américain prendra sa place au podium.

Mais d'ici là, Justin Trudeau ne chômera pas. Il multipliera les rencontres bilatérales pendant les trois jours qu'il passera en sol helvète, principalement avec des dirigeants de multinationales.

L'opération charme devra être convaincante.

Car les chefs d'entreprises pourraient succomber au chant des sirènes en provenance des États-Unis, où l'administration Trump vient de procéder à une réforme fiscale avantageuse pour les compagnies, plutôt qu'aux arguments de vente du premier ministre canadien.

Et l'administration Trump semble avoir l'intention de mettre le paquet: une imposante délégation de membres du cabinet doit être déployée dans la station de sports d'hiver nichée dans les Alpes suisses.

Ils seront plus d'une vingtaine, dont le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross et le représentant au Commerce Robert Lighthizer _ celui-là même qui pilote la renégociation de l'ALÉNA.

La délégation canadienne est, comparativement, plus modeste: quatre ministres (Chrystia Freeland, Bill Morneau, Navdeep Bains et Maryam Monsef) ainsi que le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, accompagnent Justin Trudeau.

Comment comptent-ils s'y prendre pour contrer le pouvoir d'attraction que cherche à exercer le locataire de la Maison-Blanche? En misant sur la particularité canadienne, a argué une source gouvernementale.

"Nos taxes sont parmi les plus basses du G7, notre économie est florissante et notre main-d'oeuvre est diverse, qualifiée et éduquée. En tenant compte de tous ces facteurs, l'avantage d'investir au Canada est évident", a-t-on soutenu.

Le premier ministre Trudeau, dont l'avion s'est posé à Zurich tard dans la soirée de lundi, aura jusqu'à jeudi pour passer le message aux multiples chefs d'entreprises qu'il courtisera dans les salles de réunion feutrées de Davos.