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21/01/2018 13:10 EST | Actualisé 21/01/2018 13:10 EST

Un organisme s'inquiète que les frais accessoires soient facturés ailleurs

L'organisme a dévoilé dimanche matin de nouveaux chiffres après l'abolition des frais.

Getty Images/iStockphoto

Un an après l'abolition des frais accessoires dans le milieu de la santé, un organisme communautaire déplore que les patients continuent de sortir leur portefeuille à la clinique, pour payer des frais administratifs ou des tests non couverts par l'assurance-maladie.

La Clinique communautaire Pointe-Saint-Charles avait lancé un registre des frais accessoires, il y a un an, à partir d'un échantillon de plus de 700 personnes. Ce document lui donnait un portrait de la situation avant que ces frais soient interdits par le gouvernement.

L'organisme a dévoilé dimanche matin de nouveaux chiffres après l'abolition des frais, cette fois-ci à partir d'un échantillon de 90 personnes majoritairement originaires de la Ville de Montréal.

En comparant ces données préliminaires, l'organisme a remarqué une augmentation des frais administratifs et des dépenses facturées pour les soins des yeux, surtout pour des examens non couverts par la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ). Selon l'enquête de la clinique, dans la moitié des cas, ces examens ont coûté plus de 100 $ aux patients.

L'organisme s'est aussi penché sur l'affichage des frais facturés dans les cliniques. Selon son enquête réalisée à partir de 40 cliniques, les trois quarts d'entre elles ne se conformaient pas au règlement du gouvernement, en n'affichant pas de liste de frais, ou en présentant l'ancienne liste en vigueur avant l'abolition des frais accessoires.

Bien qu'il se dise «très satisfait» de l'abolition des frais accessoires, l'organisme incite le gouvernement à aller plus loin.

Il lui recommande entre autres de mieux contrôler les frais administratifs et d'obliger les cliniques à ne plus faire payer les patients pour remplir des formulaires gouvernementaux. Elle suggère également de couvrir davantage les examens des yeux pour éviter que le patient se retrouve les à payer de sa poche.

«Il y a des services qui sont non-couverts, toujours et encore, et nous on milite pour un régime public accessible et universel», a déclaré Stéphane Defoy, organisateur communautaire.

Avant leur abolition il y a un an, les frais accessoires — pour des produits d'anesthésie, de l'azote, des gouttes ophtalmologiques, des gelées et des médicaments pour coloscopies, entre autres — étaient facturés à bien des endroits, et les prix variaient grandement.

Désormais, les frais facturés au patient sont détaillés exhaustivement dans une grille du gouvernement, mais selon l'organisme communautaire, il est difficile de s'y retrouver pour les patients. Par exemple, les vaccins peuvent parfois être facturés selon le professionnel qui fournit le service et selon la provenance du médicament.

«Sérieusement, comment l'usager est supposé savoir quand il arrive, puis qu'il se fait vacciner contre la grippe, si c'est normal de se faire charger 25 $, ou pas. Est-ce qu'il peut savoir ces détails-là?» a lancé Geneviève McCready, membre du comité de lutte en santé de la Clinique communautaire Pointe-Saint-Charles.