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21/01/2018 16:13 EST | Actualisé 21/01/2018 16:13 EST

Des représentants américains contrariés viennent discuter de l'ALÉNA à Montréal

L'administration Trump fait connaître son mécontentement à propos des contributions du Canada jusqu'à maintenant.

Le Canada accueillera des représentants d'une administration américaine frustrée et contrariée à l'amorce de la sixième ronde des discussions sur l'Accord de libre-échange nord-américain cette semaine.

L'administration Trump fait connaître son mécontentement à propos des contributions du Canada jusqu'à maintenant et réclame des avancées dans la séance marathon de dix jours à Montréal.

De multiples sources au fait des vues de l'administration américaine soutiennent que divers éléments suscitent l'acrimonie des États-Unis, notamment la récente décision du Canada de déposer une plainte contre les pratiques commerciales des États-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et sa poursuite d'un ordre du jour progressiste qui inclut des articles sur la main-d'oeuvre et les Autochtones.

Le discours sur le rejet implacable par le Canada des positions les plus controversées des États-Unis — augmenter la part des composantes intérieures dans le secteur automobile, éliminer un mécanisme de règlement des différends, restreindre l'accès canadien aux marchés publics aux États-Unis, et implanter une clause «crépusculaire» de cinq ans —, de même que la grogne relativement à des fuites sur les discussions alimentent l'animosité des États-Unis à l'égard du Canada, affirment ces sources.

D'autres sources au fait de la position canadienne rejettent tout cela et affirment que le ton à la table de négociations est professionnel et cordial, et que le Canada est prêt à faire des contre-propositions pour faire avancer les choses.

Elles soutiennent que les négociateurs canadiens font des propositions constructives pour trouver un terrain d'entente avec les Américains relativement à ce que certains ont qualifié de pilules empoisonnées visant à déchirer l'entente.

Effectivement, le Canada, les États-Unis et le Mexique montrent des signes qu'ils souhaitent tous voir des avancées concrètes au cours de cette ronde afin de maintenir les négociations sur les rails, et d'inciter le président Donald Trump à ne pas annoncer un processus de retrait de l'ALÉNA.

Une semaine passera avant l'arrivée à Montréal, le 29 janvier, de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, de son homologue américain, Robert Lighthizer, et du Mexicain Ildefonso Guajardo, afin de clore la ronde qui s'amorçait plus tôt que prévu, dimanche.

Selon certains observateurs, M. Lighthizer n'attend pas avec impatience le moment de revenir au Canada.

«Le sentiment de mauvaise volonté entre Bob Lighthizer et les Canadiens — je ne crois pas qu'on peut le sous-estimer», a dit Sarah Goldfeder, une ancienne diplomate des États-Unis qui représente aujourd'hui des clients américains dans une firme de consultants d'Ottawa.

«Il est extrêmement frustré à l'égard de la Chine et du Canada», a ajouté Mme Goldfeder.

«Ce sont les deux pays qui, selon lui, sont les plus injustes envers les États-Unis... Ce sont ceux accaparant une grande part de son temps, et pas de façons positives», a-t-elle expliqué.

Mme Goldfeder a souligné que lors de la visite de Mme Freeland à Washington il y a deux semaines, elle a rencontré le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, et des membres du Congrès — mais pas M. Lighthizer.

Lorsque M. Guajardo est venu à Washington par la suite, la porte de M. Lighthizer lui était ouverte, a-t-elle indiqué.

Le bureau de Mme Freeland n'a pas répondu à une demande pour commenter le fait qu'elle n'ait pas rencontré M. Lighthizer à cette occasion.

Colin Robertson, un diplomate à la retraite ayant une longue expérience de la politique aux États-Unis, a dit croire que le langage non verbal entre M. Lighthizer et Mme Freeland était «affreux», ce qui en dit long.

«Il est un intimidateur et elle lui fait dresser les poils. Elle et M. Guajardo sont des "amigos". Personne ne dirait cela de Mme Freeland et de M. Lighthizer», a fait valoir M. Robertson.