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18/01/2018 14:54 EST | Actualisé 18/01/2018 14:54 EST

Des sacs réutilisés... depuis 2011

Les sacs de plastique épais se retrouvent toutefois aux poubelles.

flickr Editorial/Getty Images

Les consommateurs transportent-ils suffisamment leurs sacs réutilisables pour justifier le bannissement des sacs de plastique? À Brossard, où ces sacs sont bannis depuis plus d'un an, la réponse serait «oui» selon les personnes rencontrées à la sortie d'un magasin Maxi du boulevard Taschereau.

Le débat sur le bannissement des sacs de plastique minces a repris la semaine dernière, lorsque Recyc-Québec a publié les résultats d'une étude qui démontre que ces sacs présentent un certain nombre d'avantages par rapport aux sacs plus épais ou aux sacs réutilisables.

La plupart des sacs réutilisables doivent être utilisés chaque semaine pendant près de deux ans avant d'être plus avantageux sur le plan environnemental qu'un sac conventionnel. Selon la vingtaine de consommateurs interrogés par le HuffPost Québec, ce seuil semble facilement atteignable.

«Nous avons ce sac depuis mai 2011. On utilise toujours nos sacs réutilisables», indique une famille.

«Ça doit faire quatre ou cinq ans au moins que j'ai ça. Depuis qu'ils ont commencé à promouvoir les sacs réutilisables. Il faut les laver de temps en temps, mais c'est correct», ajoute une autre femme.

Rappelons qu'un programme volontaire de réduction des sacs en plastique a été mis en place en 2008, permettant de réduire de 52% la consommation de ces sacs. Ainsi, de nombreux consommateurs rencontrés devant l'épicerie avaient déjà intégré les sacs réutilisables dans leurs pratiques quotidiennes.

D'autres se sont procuré leurs sacs réutilisables lors de l'entrée en vigueur du bannissement à Brossard, en septembre 2016. Tous, sauf un, ont affirmé au HuffPost Québec qu'ils utilisaient les mêmes sacs depuis le début.

«J'en ai jeté quatre ou cinq. Après un moment, ils ne sont plus bons», affirme l'homme qui fait figure d'exception.

L'industrie sceptique

Marc Robitaille, porte-parole de l'Association canadienne de l'industrie des plastiques, doute que ces résultats soient généralisables à d'autres types de magasins.

«Si vous allez dans un Dollorama, une personne sur deux va devoir s'acheter un sac réutilisable. C'est rare qu'une personne arrive au Dollorama avec leur propre sac. On l'a faite cette observation», avance-t-il.

Rappelons que, selon Recyc-Québec, la plupart des sacs réutilisables doivent remplacer entre 16 et 75 sacs de plastique avant d'être efficaces sur le plan environnemental.

M. Robitaille souligne qu'il est en faveur des sacs réutilisables. Son organisme a d'ailleurs participé à la démarche qui a mené à la mise en place du programme volontaire. Il croit toutefois que l'interdiction pure et simple des sacs minces est une mauvaise option.

Les sacs épais à la poubelle

Tant à Brossard qu'à Montréal, les sacs en plastique épais ne sont pas visés par le règlement interdisant les sacs minces. La limite est fixée à 50 microns d'épaisseur à Montréal, 100 microns à Brossard. Le but espéré est que ces sacs soient réutilisés au moins six fois, selon l'étude de Recyc-Québec.

Or, la plupart des personnes rencontrées à Brossard affirment que, lorsqu'ils doivent utiliser un sac en plastique épais, celui-ci devient rapidement un sac de poubelle. Il n'est à peu près jamais réutilisé pour faire des emplettes.

Ce résultat ne surprend guère M. Robitaille.

«C'est ce que nous affirmons depuis longtemps, c'est ce que Recyc-Québec confirme également. Plus le sac est mince, mieux c'est parce que moins de plastique va dans l'environnement», dit-il en entrevue.

Selon M. Robitaille, les sacs en plastique à usage unique, qu'ils soient minces ou épais, ne peuvent complètement disparaître parce qu'il y aura toujours des oublis, des achats spontanés et des achats trop nombreux pour les sacs réutilisables apportés.

Interrogé sur l'idée d'un retour du sac mince avec un tarif plus fort, il préfère laisser cette question aux établissements.

Pour ou contre le bannissement?

Au final, les Brossardois sont-ils pour ou contre le bannissement, un an plus tard? Les avis sont presque également partagés.

«Absolument pour. Ça fait moins de plastique dans l'environnement», affirme une consommatrice.

«C'est beaucoup plus compliqué. Un moment donné, qu'on laisse les gens tranquille», réplique un autre individu.

Chose certaine, la nouvelle mairesse de Brossard, Doreen Assaad, ne compte pas revenir sur la décision de son prédécesseur Paul Leduc.

«On ne va pas complètement changer le règlement, mais on est ouverts à le modifier», indique Mme Assaad en entrevue.

Celle-ci estime que le bannissement est un succès, puisque 96% des commerces se conforment à la réglementation. Près du quart d'entre eux (24%) auraient même cessé entièrement la distribution de sacs de plastique.

La Ville souhaite consulter les citoyens au cours de l'année afin de faire le bilan de la mesure. La forme et la date de cette consultation restent toutefois à déterminer.

À Montréal, le responsable de l'environnement, Jean-François Parenteau, n'a pas répondu aux demandes d'entrevue du HuffPost Québec.