POLITIQUE
18/01/2018 10:16 EST | Actualisé 18/01/2018 15:50 EST

Chantier Davie: Justin Trudeau confirme que les négos commenceront vendredi

Les propos du premier ministre marquent un revirement de situation.

Chantiers Davie

Les négociations pour la location des quatre brise-glaces du chantier maritime Davie par le gouvernement fédéral débuteront vendredi, a affirmé le premier ministre Justin Trudeau jeudi matin à l'antenne de Radio-Canada à Québec lors de son passage dans la région.

«Demain matin à 9h vont commencer les négociations entre Davie et la Garde côtière pour acheter des brise-glaces, a-t-il dit en entrevue. Oui, c'est une bonne nouvelle. On entre en négociations, mais on pense qu'on va pouvoir trouver une solution.»

Ces propos semblent avoir causé la surprise parmi les dirigeants de Davie. Ils tranchent avec ceux que le premier ministre avait tenus quelques jours plus tôt lors d'une entrevue avec La Presse canadienne. M. Trudeau n'avait alors rien promis pour les 800 travailleurs du chantier mis à pied après la fin des travaux sur le navire de ravitaillement Astérix en décembre. Il se disait alors prêt à entendre leurs doléances lors de son passage à Québec.

Davie presse le gouvernement depuis quelques mois dans le but d'obtenir de nouveaux contrats. Le chantier situé à Lévis avait été écarté en 2011 de la Stratégie de construction navale élaborée par le gouvernement conservateur précédent. L'entreprise connaissait alors d'importantes difficultés financières.

Davie a soumis, il y a deux ans, un projet pour convertir quatre brise-glaces commerciaux et les louer au gouvernement canadien pour combler à court terme les besoins de la Garde côtière qui dispose d'une flotte vieillissante. Les passagers d'un traversier qui faisait le trajet entre Lévis et Québec sont demeurés coincés durant plus de quatre heures au début du mois. Le brise-glace de la Garde côtière qui devait aller leur porter secours était en panne.

Les propos du premier ministre marquent un revirement de situation. En entrevue lundi, Justin Trudeau avait esquivé les questions sur la possibilité pour le gouvernement d'accélérer des appels d'offres pour commander les nouveaux brise-glaces de Davie afin de remplacer sa flotte vieillissante. «Les choses ont évolué» depuis cette entrevue, selon une porte-parole du premier ministre.

À quand la stratégie de construction navale?

«Tant mieux s'il y a une ouverture enfin sur la question des brise-glaces, a réagi le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Je salue la déclaration de M. Trudeau, je l'accueille favorablement parce que nos gens ont besoin de travailler.»

Il a rappelé que le chantier a réussi à prouver la qualité de son travail avec l'Astérix. M. Couillard estime que «la discussion n'est pas terminée» sur la commande par Ottawa d'un deuxième navire de ravitaillement intérimaire à Davie et il invite le gouvernement Trudeau à revoir la Stratégie de construction navale pour que le Québec obtienne sa part des prochains contrats.

«Moi, je ne peux pas accepter comme premier ministre du Québec que la Davie demeure écartée de ça», a-t-il fait valoir lors d'un événement à Montréal.