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17/01/2018 18:53 EST | Actualisé 17/01/2018 18:53 EST

Comment Tillerson a appris à gérer les tweets intempestifs de Trump

«C'est tout un défi, mon équipe doit m'imprimer ses tweets et me les apporter», avoue-t-il.

Blair Gable / Reuters

Profane en matière de réseaux sociaux et fier de l'être, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a dû apprendre à gérer les tweets intempestifs d'un "champion du monde" de la discipline: Donald Trump.

La question vient de Condoleezza Rice, qui dirigea la diplomatie américaine à une époque où ces nouveaux moyens de communication étaient "à peine nés, dieu merci". Et elle est épineuse pour un ministre qui a déjà été publiquement rabroué, sur Twitter, par son président, qui lui a notamment reproché à l'automne ses efforts pour parvenir à des négociations avec la Corée du Nord.

"Votre patron adore les réseaux sociaux", "comment gérez-vous cette pression constante", a demandé mercredi l'ancienne secrétaire d'Etat à l'actuel, lors d'une conférence à Stanford, en Californie.

"C'est un champion du monde en réseaux sociaux. Pas moi!", sourit Rex Tillerson. "Je n'ai pas de compte sur les réseaux sociaux, je n'en ai jamais eu et je ne veux pas en avoir", ajoute-t-il, presque crâneur.

Du coup, comment suivre les salves quotidiennes de @realDonaldTrump qui font souvent irruption dans des débats de politique étrangère là où son ministre communique peu et en pesant ses mots?

C'est tout le "défi": "mon équipe doit m'imprimer ses tweets et me les apporter", avoue-t-il, tout en assurant ne jamais être prévenu à l'avance -- "c'est comme ça que le président travaille".

"J'en suis venu à la conclusion que ce système n'est pas si mauvais", assure toutefois Rex Tillerson. Il se passe en effet "entre cinq minutes et une heure" entre le mini-message en question et le moment où "quelqu'un vient me dire: 'hé, le président vient de tweeter ça': "j'ai déjà les premières réactions et ça me permet de commencer à réfléchir à comment on doit prendre ça", explique-t-il.

Car selon lui, Twitter peut être "un super outil quand il est bien utilisé", et a permis au milliardaire républicain de "court-circuiter les moyens de communication traditionnels" pour toucher directement "les Américains, mais aussi nos amis et alliés ou nos adversaires dans le monde entier".

Une tâche difficile pour le chef de la diplomatie, quand le président américain apostrophe sur Twitter la Première ministre britannique Theresa May, son alliée, ou multiplie les sobriquets ("petit homme-fusée", "jeune chien enragé"...) pour s'adresser au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

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