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16/01/2018 12:16 EST | Actualisé 16/01/2018 12:16 EST

Les entrepreneurs québécois investiront beaucoup plus cette année, selon la BDC

D'ici la fin décembre, les propriétaires de PME du Québec prévoient investir 24,5 milliards $, en hausse de 11 pour cent comparativement à la dernière année.

Mark Blinch / Reuters

Optimistes, les entrepreneurs, particulièrement ceux du Québec, comptent investir davantage cette année, selon une étude de la Banque de développement du Canada (BDC), qui ne croit pas que les incertitudes entourant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) pourraient venir assombrir le portrait.

D'ici la fin décembre, les propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) du Québec prévoient investir 24,5 milliards $, en hausse de 11 pour cent comparativement à la dernière année.

À l'échelle nationale, cette performance place la province au troisième rang des juridictions au chapitre de la croissance, derrière la Colombie-Britannique, à 17 pour cent, et l'Alberta, à 12 pour cent.

«La conjoncture économique est en quelque sorte parfaite, a observé le vice-président à la recherche et économiste de la BDC, Pierre Cléroux, au cours d'un entretien téléphonique. Nos exportations sont en hausse et les gouvernements dépensent davantage.»

Pour le Québec, ce changement est significatif, étant donné qu'en 2017, les entrepreneurs sondés n'anticipaient qu'une croissance de 0,6 pour cent de leurs investissements.

Selon l'enquête de la BDC menée auprès de 4019 propriétaires entre le 1er août et le 29 septembre 2017, les PME envisagent d'investir environ 140,5 milliards $ en 2018, ce qui constitue une croissance de trois pour cent.

Près de 80 pour cent des entrepreneurs canadiens — une tendance observable au Québec — ont l'intention d'investir un montant de 18,9 milliards $ cette année afin d'acquérir d'autres sociétés dans le but d'asseoir leur croissance.

«C'est une bonne nouvelle, parce qu'avec 60 pour cent des entrepreneurs qui ont plus de 50 ans, cela signifie qu'il y a des gens d'affaires plus jeunes intéressés à reprendre d'autres compagnies», a analysé M. Cléroux.

Au moment où les technologies progressent à un rythme fulgurant, ce dernier s'est toutefois inquiété de constater que seulement le quart des PME comptaient investir dans la robotisation ainsi que dans l'automatisation.

La main-d'oeuvre, un frein important

Bien que la BDC anticipe une augmentation des investissements des PME, la rareté de la main-d'oeuvre ralentit la croissance des dépenses en plus de forcer les compagnies à modifier leurs façons d'investir.

Au total, c'est 20,4 pour cent des dépenses prévues qui seront consacrées à la formation des employés, en hausse de 1,7 point de pourcentage comparativement à 2017.

«Sur le terrain on se fait dire qu'il est difficile de recruter des employés, ce qui freine clairement la capacité des PME et autres compagnies à accepter des contrats ou de faire croître leur entreprise», a commenté M. Cléroux.

D'après l'étude, quelque 46 pour cent des répondants ont indiqué que le manque de personnel qualifié était la principale raison qui pourrait limiter leurs investissements au cours des 12 prochains mois. Le document de 21 pages souligne des pénuries de personnel plus marquées dans les zones rurales au Québec ainsi qu'en Nouvelle-Écosse.

L'ALÉNA, peu d'impacts?

Alors que l'ALÉNA s'apprête à entrer dans une phase difficile, diverses rumeurs ont ressurgi en ce qui a trait à la possibilité que le président américain Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l'entente commerciale.

D'après M. Cléroux, le contexte actuel ne devrait pas assombrir l'optimisme qui règne chez les entrepreneurs et les inciter à renoncer à leurs projets d'investissements.

«Il n'y a qu'environ 10 pour cent des entreprises qui exportent, donc, pour une majorité de compagnies, l'ALÉNA ne constitue pas un facteur significatif», a fait valoir l'économiste de la BDC.

Sans libre-échange, les pays seraient libres d'appliquer leurs tarifs internationaux. Ces derniers atteignent en moyenne 3,5 pour cent pour les produits importés aux États-Unis, 4,1 pour cent au Canada et 7,0 pour cent au Mexique.

Certains produits sont cependant soumis à des tarifs beaucoup plus élevés que d'autres.

«Le principal danger, ce n'est pas tant la fin de l'ALÉNA que des mesures précises, comme les taxes frontalières imposées aux importations canadiennes de bois d'oeuvre et de papier journal ainsi que les tarifs qui frappent la C Series de Bombardier», a précisé M. Cléroux.