POLITIQUE
16/01/2018 17:35 EST | Actualisé 16/01/2018 17:35 EST

Chantier maritime Davie: Trudeau ne promet rien aux travailleurs

Rappelons que 800 travailleurs ont été mis à pied par Davie depuis le mois de novembre.

THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

Le premier ministre Justin Trudeau est prêt à entendre les critiques des travailleurs du chantier maritime Davie lors de son passage à Québec jeudi.

«Il y a des gens qui veulent toujours plus d'investissements dans leur coin de pays», a-t-il constaté lors d'une entrevue avec La Presse canadienne.

«Le défi pour un premier ministre est toujours de trouver le bon équilibre pour créer des emplois et pour répondre aux besoins un peu partout au pays, a-t-il ajouté. Les gens comprennent que ce sont toujours des choix difficiles et, moi, mon engagement c'est de m'assurer que ça soit équitable.»

Lors de cette entrevue, M. Trudeau a évité de faire des propositions précises pour le chantier naval de Lévis qui est à la recherche de nouveaux contrats.

Huit cents travailleurs ont été mis à pied par Davie depuis le mois de novembre. Ceux-ci avaient travaillé à la conversion de l'Astérix, un porte-conteneurs transformé en navire ravitailleur qui a été livré à la Marine canadienne à la fin décembre. L'entreprise, qui a respecté le budget et l'échéancier alloués pour ce projet, espérait une nouvelle commande du gouvernement fédéral.

Ottawa a plutôt fermé la porte en novembre en soulignant qu'il ne voyait pas le besoin de commander un deuxième navire de ravitaillement. L'Astérix est une solution temporaire qui fournira du ravitaillement en carburant aux navires canadiens déjà en mer durant cinq ans en attendant que les navires commandés au chantier Seaspan de Vancouver soient prêts.

Or, selon le rapport annuel sur la Stratégie maritime du gouvernement fédéral, la construction du premier navire de ravitaillement ne débutera pas avant 2019.

Les travailleurs du chantier naval Davie qui s'attendaient à une annonce lors du passage de Justin Trudeau jeudi risquent toutefois d'être déçus.

Même s'il a souligné l'efficacité du chantier naval en entrevue, le premier ministre a esquivé les questions sur la possibilité pour le gouvernement d'accélérer des appels d'offres pour commander de nouveaux brise-glaces afin de remplacer sa flotte vieillissante.

Les passagers d'un traversier qui faisait le trajet entre Lévis et Québec sont demeurés coincés durant plus de quatre heures au début du mois. Le brise-glace de la Garde côtière qui devait aller leur porter secours était en panne.

«C'est une vraie fierté pas seulement pour le Québec, mais pour le Canada d'avoir un chantier de cette qualité», a affirmé Justin Trudeau.

«On a beaucoup d'appels d'offres qui s'en viennent, mais on sait que la Davie va être très compétitive à l'intérieur de ces appels d'offres», s'est-il contenté d'ajouter.

Mylène Crête, La Presse canadienne