POLITIQUE
16/01/2018 16:01 EST | Actualisé 16/01/2018 16:04 EST

Des employeurs demandent à Québec la capacité de sévir

Ils réclament du gouvernement d'intégrer des sanctions et des amendes pour les employés trouvés intoxiqués sur les lieux de travail.

MStudioImages via Getty Images

Un important regroupement d'employeurs réclame de Québec d'intégrer des sanctions et des amendes pour les employés trouvés intoxiqués sur les lieux de travail dans la loi encadrant l'usage du cannabis.

La vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui représente les PME, Martine Hébert, a réclamé de telles provisions en présentant mardi matin à Québec le mémoire de son organisme devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 157.

Mme Hébert affirme qu'un soutien législatif dissuasif est nécessaire pour décourager la consommation au travail, les employeurs ne voulant pas être contraints de se battre devant les tribunaux dans les cas où des employés sont intoxiqués au travail.

Martine Hébert a fait valoir que les employeurs ont déjà des responsabilités importantes en matière de santé et de sécurité au travail et que les règles doivent être claires en telle matière.

Témoignant immédiatement après elle, le président et directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Stéphane Forget, n'est pas allé jusqu'à demander l'introduction de sanctions et d'amendes dans la loi, mais il a tout de même réclamé lui aussi qu'elle interdise la possession de cannabis sur les lieux de travail.

La ministre responsable, Lucie Charlebois, n'a pas caché sa réticence à imposer des restrictions plus sévères dans la loi que celles qui existent pour l'alcool, par exemple, dont la consommation n'est pas plus acceptable sur les lieux de travail.

Elle a dit croire que les travailleurs sont généralement assez responsables pour ne pas consommer au travail ou pour intervenir lorsque des collègues ont les facultés affaiblies.

Sans surprise, la FCEI s'est montrée extrêmement déçue de la décision de Québec de créer une société d'État pour la vente de cannabis, estimant que le secteur privé pourrait prendre la vente à son compte et à meilleur prix.

La FCCQ, pour sa part, a exprimé le souhait que la production de cannabis soit ouverte à une diversité d'entrepreneurs et elle a mis en garde le gouvernement contre une éventuelle disparité de prix entre le cannabis thérapeutique et le cannabis récréatif.

L'organisme a mis en lumière qu'un prix inférieur du cannabis thérapeutique risquerait d'encourager des travailleurs à se faire prescrire du cannabis thérapeutique pour ensuite réclamer un remboursement de leurs assurances collectives, entraînant une poussée à la hausse des coûts des régimes.

Les collèges veulent un interdit

Les préoccupations des cégeps étaient d'un tout autre ordre.

Le mémoire de la Fédération des cégeps s'est principalement préoccupé de l'absence de restrictions sur la possession de cannabis dans les collèges.

Le président du conseil des directions générales de la Fédération, Sylvain Lambert, a souligné qu'environ le quart des étudiants de cégep sont mineurs et que la loi leur interdit donc de posséder du cannabis.

Or, la loi interdit la possession de cannabis dans les établissements préscolaires, primaires et secondaires, mais la permet dans les établissements postsecondaires, une situation qui place les collèges devant une gestion complexe sur la possession selon que l'étudiant est mineur ou majeur.

La Fédération suggère donc d'interdire complètement la possession dans les établissements d'enseignement supérieur, incluant les universités, mais excluant les résidences.

L'organisme a souligné au passage que l'intoxication n'est pas un état compatible avec l'apprentissage.

Mardi avant-midi, l'Association québécoise des pharmaciens-propriétaires (AQPP) est venue pour sa part plaider en faveur d'une distribution exclusive de marijuana médicale par les pharmaciens, invoquant les règles qui s'appliquent à tout médicament et la compétence particulière de ses membres pour évaluer d'éventuelles interactions médicamenteuses et effets secondaires, notamment.

Son président, Jean Thiffault, a exprimé des inquiétudes plus précises quant aux risques associés à une éventuelle distribution de cannabis thérapeutique par internet.

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