POLITIQUE
16/01/2018 12:29 EST | Actualisé 16/01/2018 14:03 EST

Après avoir sauté Davos en 2017, Justin Trudeau s'y rendra cette année

Le 48e Forum économique mondial de Davos réunira du 23 au 26 janvier environ 2500 participants en provenance d'une centaine de pays.

REUTERS/Fred Dufour/Pool

L'an dernier, alors que les reportages sur ses vacances chez l'Aga Khan commençaient à sortir, Justin Trudeau avait décidé de faire une croix sur une participation au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, pour éviter de donner l'impression d'être détaché de la classe moyenne.

Cette année, même si l'ombre de l'Aga Khan plane toujours sur le premier ministre en raison de la publication d'un rapport accablant sur cette escapade aux Bahamas, il a tout de même choisi d'être de l'événement dans les Alpes suisses, qui réunira les riches et puissants de la planète.

Le premier ministre Trudeau estime que le moment est idéal de traverser l'océan pour partager la recette canadienne, vu l'année économique favorable que le pays a connue sous la houlette du gouvernement libéral.

"Une des choses dont je vais parler à Davos, c'est à quel point l'approche économique qu'on a prise il y a deux ans pour contrer l'anxiété liée à la mondialisation est en train de fonctionner", a-t-il offert en entrevue de début d'année avec La Presse canadienne.

Cette année, on a les résultats concrets qu'on peut démontrer: on a la croissance économique la plus forte du G7, on a le plus bas taux de chômage au Canada depuis avant les Jeux olympiques de Montréal. Donc on a une histoire concrète à raconter.Justin Trudeau

Lorsqu'on lui a demandé si l'importance de transmettre la bonne nouvelle canadienne l'avait emporté sur l'image que ce voyage au rendez-vous alpin sélect envoyait, il a répliqué que l'on "mettait une approche particulière sur notre décision de ne pas y aller l'an passé".

"C'est sûr qu'on ne peut pas à chaque année faire tous les voyages qu'on voudrait faire. Il faut toujours faire des choix. (...) C'est un moment naturel pour y aller cette année", a souligné M. Trudeau dans une salle de réunion attenante à son bureau en face du parlement.

Le premier ministre se retrouvera dans le petit village helvète avec de nombreux dirigeants mondiaux, dont le président américain Donald Trump, qui a retourné sa veste après avoir pesté, pendant sa campagne électorale, contre les rencontres au sommet "mondialistes" de ce genre.

La semaine dernière, en conférence de presse à la Maison-Blanche, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, a défendu le déplacement de son patron en sol suisse en plaidant que Davos n'était "pas un endroit où se réunissent les mondialistes".

Le 48e Forum économique mondial, dont le thème est "Construire un avenir commun dans un monde fracturé", réunira du 23 au 26 janvier environ 2500 participants en provenance d'une centaine de pays, selon le programme de l'événement.

Le sommet est cette année entièrement présidé par des femmes. Sept sont aux commandes de l'événement, dont la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, ainsi que la première ministre de la Norvège, Erna Solberg.

La ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, se dit "ravie" de cette initiative sans précédent. Les organisateurs de l'événement, a-t-elle dit en entrevue, ont lancé un message "fort" et "nécessaire" sur la place des femmes dans des secteurs d'influence.