POLITIQUE
15/01/2018 16:20 EST | Actualisé 15/01/2018 16:50 EST

Trudeau «en réflexion», Couillard peu intéressé par la journée contre l'islamophobie

Le gouvernement fédéral tente de trouver une façon de commémorer l'attentat commis à la mosquée de Québec.

THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

Ottawa réfléchit à une façon de commémorer l'attentat commis à la mosquée de Québec le 29 janvier dernier parce qu'il est "important qu'on souligne ce qui s'est passé", a signalé lundi le premier ministre Justin Trudeau.

En entrevue de début d'année avec le bureau parlementaire de La Presse canadienne, le premier ministre n'a pas écarté l'idée que cette commémoration puisse prendre la forme d'une journée nationale contre l'islamophobie, comme le lui a récemment demandé une organisation musulmane.

Il a soutenu que le gouvernement "est en train de regarder la façon de bien commémorer ça pour souligner que l'intolérance religieuse n'a pas sa place au Canada, l'extrémisme religieux n'a pas sa place au Canada, quelle que soit la façon que ça se manifeste".

Le premier ministre a ajouté, lors de cet entretien qui s'est déroulé dans l'édifice qui abrite son bureau, en face du parlement, qu'il estimait "important qu'on souligne ce qui s'est passé, que six personnes ont perdu leur vie juste parce qu'elles priaient dans un lieu de culte".

"On est en réflexion sur comment on va souligner et commémorer cet événement terrible et reconnaître à quel point certaines communautés, dont la communauté musulmane, sont trop vulnérables à la haine et à l'intolérance ces jours-ci", a-t-il offert.

"On en aura plus à dire quand on sera plus proches (de la date du premier anniversaire de la tuerie)", a indiqué Justin Trudeau.

Pendant ce temps, du côté de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, Philippe Couillard se montrait tiède à l'idée, jugeant préférable de souligner "notre engagement contre le phénomène du racisme et de la discrimination plutôt que de singulariser une de ses manifestations".

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part regretté la tournure des événements. "Il était évident que ce débat-là occulterait notre devoir de mémoire envers les victimes de la tuerie de la mosquée, et c'est exactement, exactement ce qui se produit", a-t-il déploré.

Le Conseil national des musulmans canadiens a écrit à Justin Trudeau pour lui demander de décréter le 29 janvier, anniversaire de l'attentat à la mosquée de Québec qui a fait six victimes pendant la prière, "journée nationale de commémoration et d'action contre l'islamophobie".

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