POLITIQUE
15/01/2018 18:21 EST | Actualisé 15/01/2018 18:21 EST

Trudeau défend le sommet sur Corée du Nord la malgré l'absence de Pékin et Moscou

La Chine a été également critique du fait que la rencontre rassemble uniquement des alliés ayant soutenu la Corée du Sud durant la guerre de Corée.

FRED DUFOUR via Getty Images

Justin Trudeau défend la décision de ne pas inviter la Chine et la Russie à la rencontre internationale sur la Corée du Nord cette semaine, tout en admettant que les deux pays seront des «partenaires essentiels» à la communauté internationale pour assurer la paix dans la péninsule coréenne.

Les commentaires du premier ministre ont été faits à la suite d'une conférence de presse à Moscou au cours de laquelle le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a critiqué la rencontre prévue mardi à Vancouver, organisée par le Canada et les États-Unis, y voyant même une menace aux efforts de paix avec la Corée du Nord.

La Chine a été également critique du fait que la rencontre rassemble uniquement des alliés ayant soutenu la Corée du Sud durant la guerre de Corée, parlant d'un exemple de «mentalité de la guerre froide».

M. Trudeau a affirmé en entrevue avec La Presse canadienne que le sommet de Vancouver serait une occasion pour ces pays liés par la guerre de Corée de s'asseoir autour de la même table, de prendre acte de la crise actuelle et d'évaluer de nouvelles approches.

Le premier ministre a toutefois ajouté que toute solution devra inclure la Chine et la Russie, qu'il a qualifiées de «partenaires essentiels» dans le processus de paix avec la Corée du Nord.

M. Trudeau a dit voir une Corée du Nord dotée d'armes nucléaires comme l'une des plus grandes menaces à la paix et à la sécurité non seulement dans la région du Pacifique, mais dans le monde entier.

«C'est une façon d'avoir une nouvelle conversation qui va impliquer un grand nombre d'acteurs à l'international. Mais évidemment, ce n'est pas à la fin de cette conférence-là qu'on va sortir avec la solution pour la Corée du Nord. Ça fait partie des différentes discussions qu'il faut avoir, qu'on peut avoir, pour avancer la cause de la paix. Et c'est sûr qu'il y a beaucoup de ces conversations-là qui vont impliquer la Chine et la Russie et d'autres. Et certaines de ces conversations qui vont impliquer la Corée du Nord directement, éventuellement», a affirmé le premier ministre en entrevue.

«Ce qui va sortir de Vancouver, c'est plus d'engagement de la communauté de travailler ensemble. Et une indication à la Corée du Nord que la communauté internationale est préoccupée et unie sur cette question-là», a-t-il ajouté.

Le Traité d'interdiction des armes nucléaires

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière, a affirmé que malgré l'absence à cette rencontre de «certains pays importants», le gouvernement libéral se doit d'«indiquer très clairement que la diplomatie est la meilleure manière d'agir face à une Corée du Nord nucléarisée».

«À la lumière de la rhétorique dangereusement belliqueuse de l'administration Trump, qui menace la paix et la sécurité internationale, il est plus important que jamais que le Canada s'engage sur un chemin différent. Il doit faire valoir aux gouvernements partout à travers le monde que la diplomatie est d'une importance capitale, même lorsque des sanctions économiques sont appliquées», a dit Mme Laverdière par communiqué.

La porte-parole du NPD a déploré par ailleurs que le gouvernement libéral n'ait pas ratifié le Traité d'interdiction des armes nucléaires, qui bénéficie de l'appui de 122 pays, parlant du «meilleur espoir mondial en vue du désarmement».

Le traité adopté par les Nations unies en juillet 2017 doit être ratifié par 50 pays pour entrer en vigueur. Seuls trois pays l'auraient fait à ce jour.

​​​​​​​VOIR AUSSI: