DIVERTISSEMENT
15/01/2018 06:51 EST | Actualisé 15/01/2018 07:12 EST

François Bellefeuille lance une flèche à Juste pour rire

Il reste encore bien des questions sans réponses, a-t-il fait remarquer.

Karine Dufour/Radio-Canada

Le silence actuel de Juste pour rire, tant sur les allégations d'inconduite sexuelle qui pèsent sur Gilbert Rozon que sur la vente prochaine de l'entreprise, agace François Bellefeuille.

Invité à se prononcer à la table de Tout le monde en parle, dimanche, l'humoriste, qui repart en tournée dans quelques jours avec son deuxième one man show, Le plus fort au monde, a dit ce qu'il pense en pesant bien ses mots.

«Ce que je trouve vraiment plate de Juste pour rire, c'est que c'est bien beau, de dire qu'il va vendre... Mais comment ça se fait – c'est quand même une grosse compagnie – qu'il n'y a pas eu de commentaire officiel, sur la position... On ne sait pas ce qui se passe.»

«Je comprends que c'est compliqué à l'interne ; ce sont des games de pouvoir, d'argent, de négociation, que moi, je suis tellement pourri là-dedans, mais on sait très bien qu'il y a probablement quelque chose qui se trame en ce moment. Est-ce que ça va être à l'international que ça va être acheté, ou non? On ne peut pas penser à ça. On ne peut pas commencer à stresser sur le futur de Juste pour rire. On peut juste essayer de penser à ce qu'on peut faire pour améliorer le quotidien. Et moi, je trouve que tout ce qui se passe, en ce moment, c'est extraordinaire.»

François Bellefeuille a cité en exemple des blagues qui font moins rire dans ses salles depuis l'explosion du mot-clic #MoiAussi, comme lorsque son personnage se demande de quelle façon il doit saluer les inconnus, avec une poignée de main ou un baiser sur la joue, et s'il doit sortir la langue, ou pas. Il n'est toutefois pas offusqué des réactions du public, se disant tout à fait en accord avec les nouvelles réticences sociales qui s'installent peu à peu.

Bellefeuille n'a pas caché avoir eu une petite frousse lorsqu'il a annoncé, en direct, en plein Gala des Olivier, le 10 décembre dernier, qu'il vendait son trophée du Spectacle d'humour – Meilleur vendeur de l'année aux enchères, au profit du regroupement des CALACS, qui vient en aide aux victimes d'agressions sexuelles, et que Juste pour rire égalerait la cagnotte accumulée. Heureusement, une personne de Juste pour rire lui a rapidement fait savoir que le groupe appuyait son initiative.

L'Olivier a finalement été acheté au coût de 10 100$ par l'homme d'affaires Vincent Guzzo, des Cinémas Guzzo. Un montant que François Bellefeuille et Juste pour rire ont respectivement égalé, pour une somme totale de 30 300$ qui a été remise aux CALACS.

Les pires Fêtes de sa vie

François Bellefeuille a en outre raconté, en début d'entrevue, avoir récemment passé «les pires Fêtes de l'histoire de [sa] vie». Isolé dans un chalet de Charlevoix avec sa famille, le comique a reçu la visite de sa maman de 78 ans, qui a eu la malchance de débouler l'escalier au lendemain de son arrivée. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal.

«On est chanceux, elle s'est seulement fait une plaie qui a demandé des points de suture à la main, mais j'avais tellement peur qu'elle se soit cassé quelque chose! Ma mère a 78 ans. C'est elle qui est la plus forte au monde!», s'est réjoui Bellefeuille, en référence au titre de son spectacle.

Oui, il a vu l'imitation qu'a fait Marc Labrèche de lui au Bye Bye 2017.

«C'est un honneur. Par Marc Labrèche, en plus! J'ai trouvé ça très le fun. Moi, je suis un gros fan, des Bye Bye en général, et de Marc Labrèche. Finalement, c'est juste un honneur, je trouve ça magnifique.»

J'ai l'impression que les humoristes qui sont excellents, ce sont ceux qui n'arrêtent pas de se dépasser et de se mettre en dangerFrançois Bellefeuille

À propos de sa nouvelle tournée qui débute, François Bellefeuille a dit ressentir l'urgence de vouloir donner un maximum de représentations pendant que le feu sacré y est.

«J'ai l'impression que les humoristes qui sont excellents, ce sont ceux qui n'arrêtent pas de se dépasser et de se mettre en danger, mais il faut nécessairement pratiquer son art le plus possible. Moi, plus le show d'un humoriste est excellent, plus ça aide le milieu de l'humour en général, plus ça m'aide, plus ça aide tout le monde», a-t-il plaidé, racontant que la thématique «bébé» est très présente dans son entourage professionnel en ce moment. En plus de lui-même qui est papa d'un garçon de deux ans et d'une fillette de sept mois, son principal auteur, Olivier Thivierge, est père d'un nouveau-né de deux mois, son assistante à la mise en scène, Marie-Christine Lachance, est maman d'un poupon de quatre mois, et Pierre-Luc Pomerleau, qui assure sa première partie, a un enfant de quatre mois.

«Passé 11 heures, on ne fait plus de sens», a rigolé François Bellefeuille, faisant allusion à la fatigue des troupes.

Avant que François Bellefeuille ne quitte son plateau, Guy A. Lepage est revenu sur le témoignage que celui-ci a offert sur quelques tribunes à l'automne, à propos de la schizophrénie de son papa. Une réalité dont François Bellefeuille n'a été informé qu'une fois rendu au cégep.

«C'était un homme extraordinaire, mais rongé par la maladie mentale», a insisté François Bellefeuille, en ajoutant qu'il avait redécouvert l'auteur de ses jours pendant les 14 dernières années de vie de ce dernier, après qu'on lui eut prodigué la bonne médication.

«J'ai trouvé un gars drôle, gentil, fier...», s'est remémoré François Bellefeuille.

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