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13/01/2018 10:45 EST | Actualisé 13/01/2018 10:45 EST

Les technologies automobiles prennent la vedette au Consumers Electronics Show 2018

Imaginez un véhicule qui peut lire vos pensées.

Nissan North America Inc. via AP
Cette photo courtoisie de Nissan nous montre son dispositif cerveau-au-véhicule. Le conducteur porte le chapeau, qui lit ses ondes cérébrales et les utilise pour améliorer les temps de réactions du véhicule.

Une intelligence artificielle qui contrôle l'écran d'infodivertissement. Un véhicule qui peut lire vos pensées. Une voiture capable de «voir» de l'autre côté d'un virage sans visibilité.

Ce ne sont là que quelques-unes des technologies automobiles présentées au Consumer Electronics Show, un événement annuel qui a débuté mardi à Las Vegas.

Les constructeurs automobiles profitent de plus en plus de ce salon pour mettre en vedette leurs innovations, peu importe qu'elles soient prêtes à arriver sur le marché ou qu'elles relèvent encore de la science-fiction.

Voici toutefois trois tendances qui pourraient fort bien être intégrées à votre prochain véhicule.

UN SYSTÈME D'INFODIVERTISSEMENT CONTRÔLÉ PAR INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Hyundai et Mercedes-Benz ont démontré comment ils entendent incorporer l'intelligence artificielle au système d'infodivertissement de leurs véhicules pour le transformer en assistant personnel — une technologie qui, pour le moment, est confinée aux téléphones ou aux haut-parleurs intelligents.

Le système de Hyundai (Intelligent Personal Agent) est une technologie contrôlée par la voix qui a été développée en partenariat avec une firme de Silicon Valley, SoundHound, qui se spécialise dans l'intelligence artificielle vocale.

La partie «intelligente» d'un tel système est sa capacité à reconnaître différentes commandes. On pourrait, par exemple, lui dire, «Quel temps fera-t-il demain et rappelle aux enfants de ne pas oublier leur entraînement de soccer»; le système reconnaîtra deux éléments distincts au sein d'une même phrase et s'acquittera de chaque tâche.

La technologie de Hyundai fonctionne un peu comme celle de Siri d'Apple ou du Google Assistant. Elle est conçue pour répondre à des commandes, mais aussi pour aider proactivement le conducteur, par exemple, en lui recommandant une heure de départ en fonction de la météo et du trafic.

Le système se réveille quand il entend, «Hi, Hyundai». Il peut ensuite faire un appel, trouver de la musique, vérifier la météo et gérer l'agenda. Il offre aussi aux automobilistes des commandes vocales pour les fonctions les plus courantes, comme le contrôle de la climatisation, du toit ouvrant ou des serrures. Hyundai prévoit offrir l'Intelligent Personal Agent dans ses modèles 2019.

Mercedes-Benz introduit également dans ses véhicules compacts une nouvelle interface d'infodivertissement basée sur l'intelligence artificielle et sur ce qu'il qualifie de système d'exploitation «intuitif». On ne dispose que de peu de détails pour le moment, mais le système devrait être offert dès cette année dans certains véhicules bas de gamme du constructeur. L'affichage ressemble à l'écran double qu'utilisait Mercedes dans ses voitures E-Class et S-Class.

UNE VOITURE QUI LIT VOS PENSÉES

Nissan démontre que le «cerveau» d'un véhicule autonome n'est pas nécessairement un ordinateur et qu'un ordinateur peut améliorer la conduite automobile d'un humain. Le constructeur est le premier à s'intéresser à la technologie «cerveau-à-voiture» (brain-to-vehicle, B2V).

L'automobiliste doit porter un casque qui lit ses ondes cérébrales, que les systèmes autonomes du véhicule interprètent pour anticiper ses prochaines décisions.

Nissan prétend que la technologie B2V pourra, par exemple, raccourcir de 0,2 ou 0,5 seconde un changement de direction ou un freinage. Le conducteur n'aurait essentiellement connaissance de rien, selon Nissan.

La technologie B2V est aussi utilisée pour détecter et évaluer l'inconfort pendant la conduite. Cela pourrait permettre de faire correspondre le comportement du véhicule en mode autonome au comportement du conducteur.

«Il y a plusieurs situations où les décisions par défaut du véhicule ne seront pas celles qu'aurait pris l'humain s'il était en contrôle, explique un porte-parole de Nissan, Nicholas Maxfield. Lire les ondes cérébrales est un moyen de réduire l'écart entre l'action du véhicule et les attentes du conducteur.»

Évidemment, copier le comportement d'un conducteur humain ne sera pas toujours la bonne chose à faire, admet-il. On ne voudrait pas, par exemple, qu'un véhicule autonome commence à accélérer et à changer de voie de manière dangereuse. Le but est donc d'accentuer la sécurité du conducteur en mode autonome, sans trop se distancer des habitudes de l'automobiliste.

La technologie ne sera pas offerte avant plusieurs années, mais Nissan dit qu'elle illustre le potentiel d'une combinaison humain-intelligence artificielle.

DES VOITURES QUI JASENT TOUT LE TEMPS

Finalement, le géant américain Ford a profité du CES pour réitérer son intention de voir tous ses véhicules être reliés au web d'ici 2019. À court terme, cela se traduira par davantage de véhicules Ford équipés de points d'accès (hotspots) wi-fi, de déverrouillage à distance et de services de repérage.

Ford a aussi annoncé l'adoption de ce qu'il appelle une technologie «cellulaire véhicule-à-tout (cellular vehicle-to-everything, C-V2X)» d'ici quelques années. La technologie permettra à ses véhicules de communiquer avec des feux de circulation intelligents, les autres voitures et même les pompes d'essence — par exemple, pour effectuer des paiements sans fil.

C-V2X est une version plus sophistiquée de la connectabilité V2V (véhicule à véhicule, vehicle to vehicle) et utilise les réseaux cellulaires, qui sont plus rapides que les réseaux wi-fi, pour communiquer avec les autres véhicules ou les infrastructures, comme les panneaux routiers intelligents ou les chantiers de construction.

La technologie C-V2X peut aussi communiquer sur de courtes distances, sans signal cellulaire. Un véhicule pourrait donc «regarder» au-delà d'un virage sans visibilité et interpréter la situation dans laquelle il se trouve par mauvais temps. Il pourrait par exemple détecter une route glacée, puis en informer le conducteur et les véhicules à proximité.

Ford croit que cette technologie deviendra la norme parmi les constructeurs automobiles. Les microprocesseurs qu'elle utilise sont à la fois plus rapides et moins dispendieux que ceux utilisés par les systèmes V2V actuels.

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Ce texte a été fourni à l'Associated Press par le site automobile Edmunds. L'auteur est rédacteur en chef responsable des conseils aux consommateurs pour Edmunds.

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