NOUVELLES
12/01/2018 10:00 EST | Actualisé 12/01/2018 14:16 EST

La justice française ordonne la libération immédiate du Libano-Canadien Hassan Diab qui était soupçonné d'avoir participé à un attentat terroriste en 1980

L'homme de 64 ans était détenu depuis novembre 2014.

AFP/Getty Images

La justice française a ordonné vendredi la libération immédiate de Hassan Diab, un Canado-Libanais qui était soupçonné d'avoir participé à l'attentat terroriste perpétré contre une synagogue parisienne il y a de cela 37 ans.

Les juges d'instruction ont déclaré un non-lieu, ayant déterminé que les éléments de preuve retenus contre l'homme âgé de 64 ans, dont la famille habite la région d'Ottawa, n'étaient pas suffisamment solides pour justifier la tenue d'un procès.

S'il se réjouit de ce développement positif, l'avocat canadien de Hassan Diab n'est pas prêt à crier victoire. "Je sais, pour avoir parlé aux avocats français ce matin, qu'il est certain que les procureurs feront appel", a signalé Don Bayne en entrevue téléphonique.

"La France a été si traumatisée par les attaques terroristes que l'appareil judiciaire est très, très strict; le gouvernement ne peut montrer aucun signe de "softness" ou de "weakness" à l'égard de personnes accusées de terrorisme", a-t-il exposé.

La décision de vendredi n'en demeure pas moins "exceptionnelle" car elle va beaucoup plus loin que les huit ordonnances de remise en liberté sous condition prononcées dans le passé, lesquelles avaient toujours été "automatiquement annulées", a noté Me Bayne.

"Nous sommes ravis, soulagés et reconnaissants. Reconnaissants envers les juges français pour leur sagesse et leur courage d'avoir résisté à la pression politique et sociale pour prendre cette décision entièrement juste", a-t-il soutenu.

L'avocat ignore quand Hassan Diab, dont la famille habite Ottawa, pourra prendre le chemin de la maison. "Il n'est pas libre comme vous et moi. Je ne le vois pas monter à bord d'un avion, parce que je suis certain qu'il est sur une liste d'interdiction de vol", a-t-il exposé.

Les déboires de l'ancien professeur de sociologie de l'Université d'Ottawa remontent à 2008, alors qu'il a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à la demande de la France, en lien avec l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, à Paris.

L'attaque perpétrée en 1980 avait fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Le Canado-Libanais, qui a toujours nié son implication dans cet attentat terroriste, avait été extradé vers la France en 2014, après que la Cour suprême du Canada eut refusé d'entendre sa cause, en novembre.

Et son extradition démontre, selon son avocat, que la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, doit ordonner "une revue complète" de la Loi sur l'extradition, "dont l'application prive les Canadiens injustement de leur liberté".

"Comment se fait-il que le Canada ait extradé un Canadien en France alors que la France n'a jamais, jamais eu une cause assez solide pour se rendre à procès?", a demandé à voix haute Me Bayne.

L'avocat a remercié le personnel d'Affaires mondiales Canada ainsi que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, pour leur "appui impressionnant" en vue de la libération de ce Canadien "qui n'aurait jamais dû être extradé".