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12/01/2018 13:09 EST | Actualisé 12/01/2018 14:12 EST

La FTQ juge «dégueulasse» les agissements d'un Tim Hortons de l'Ontario

Le restaurant a notamment supprimé les pauses payées de ses employés pour compenser la hausse du salaire minimum de 11,60 $ à 14 $.

Steve Russell/Toronto Star via Getty Images
Des manifestants protestent devant un Tim Hortons de Toronto le 10 janvier.

En réduisant les avantages de ses employés qui venaient d'obtenir le salaire minimum de 14 $ l'heure, un Tim Hortons de l'Ontario a agi de façon "dégueulasse", estime le président de la FTQ, Daniel Boyer, dont la centrale a justement réussi à syndiquer certains travailleurs de Tim Hortons au Québec.

Mais M. Boyer n'applaudit pas pour autant à l'idée de boycotter Tim Hortons, comme certains l'ont proposé sur les réseaux sociaux.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, le président de la plus grande centrale syndicale du Québec a indiqué que la FTQ n'est pas très encline aux boycotts.

"À la FTQ, on n'a jamais été chaud, chaud, chaud à des boycotts. Dans le passé, on n'en a pas fait beaucoup. Une chose est certaine, quand il y a un boycott, il faut que ce soit adopté par les instances de la FTQ. Et on n'en est pas là", puisque le salaire minimum n'est que de 11,25 $ au Québec et qu'aucun employeur n'a agi comme le Tim Hortons ontarien.

M. Boyer trouve tout de même odieuse l'attitude de ce Tim Hortons, qui a notamment supprimé les pauses payées de ses employés pour compenser la hausse du salaire minimum de 11,60 $ à 14 $.

"Je trouve ça dégueulasse, à la limite. (...) On entend plusieurs arguments de petites et moyennes entreprises qui n'y arriveront peut-être pas. Mais, dans ce cas-là, on n'est pas dans le cadre d'une petite et moyenne entreprise, là. C'est un géant multinational et l'argent lui sort par les oreilles. Et il vient nous dire "on va payer 14 $ de l'heure, mais on va venir toucher les autres conditions de travail". C'est un peu fou, là" a tonné M. Boyer.

On entend plusieurs arguments de petites et moyennes entreprises qui n'y arriveront peut-être pas. Mais, dans ce cas-là, on n'est pas dans le cadre d'une petite et moyenne entreprise, là. C'est un géant multinational et l'argent lui sort par les oreilles.Daniel Boyer

Il avoue cependant que si un employeur du Québec en venait à agir comme le Tim Hortons en Ontario, la question d'un éventuel boycott mériterait d'être étudiée par la FTQ.

"C'est un débat à venir. Je vous avoue que s'il y avait des employeurs qui voulaient diminuer les autres conditions de travail, suite à l'augmentation du salaire minimum, on aura à dénoncer ça haut et fort. Puis on s'interrogera bien sûr sur la possibilité d'un boycott", prévient le président de la centrale qui a plus de 600 000 membres.

Au Québec, c'est justement la FTQ qui a lancé le combat pour le salaire minimum à 15 $, le 1er mai 2016. Et depuis, elle se bat sans relâche pour l'obtenir, tant pour ses membres à bas salaire que pour les travailleurs non syndiqués.

À la FTQ, c'est le Syndicat des Métallos qui a réussi à obtenir deux accréditations syndicales pour quatre restaurants Tim Hortons sur la Côte-Nord. Les travailleurs de ces Tim Hortons sont donc syndiqués, mais ils n'ont pas encore leur première convention collective. Ils sont actuellement en processus d'arbitrage pour la première convention.

Certains syndicats affiliés à la FTQ ont obtenu le salaire minimum de 15 $, depuis le début de leur combat, notamment la section locale 298 du Syndicat québécois des employés de services, pour des préposés aux bénéficiaires qui travaillent dans des résidences privées pour personnes âgées. Il en est de même pour 4000 étudiants de l'Université de Montréal qui travaillent à l'admission ou lors des journées "portes ouvertes".

Le quotidien La Voix de l'Est avait toutefois rapporté, en mai dernier, que le propriétaire de deux Tim Hortons de Cowansville avait décidé d'abolir les deux pauses payées de ses employés pour compenser l'augmentation du salaire minimum au Québec, qui était alors passé de 10,75 $ à 11,25 $ l'heure.