NOUVELLES
12/01/2018 08:21 EST | Actualisé 12/01/2018 08:21 EST

Donald Trump ne sera pas à Londres pour inaugurer la nouvelle ambassade américaine

Il risquait d'être accueilli par des manifestations hostiles, mais le président a évoqué une autre raison pour expliquer l'annulation de sa visite à la dernière minute.

Le président Donald Trump a annoncé vendredi qu'il annulait sa visite à Londres destinée à inaugurer la nouvelle ambassade des Etats-Unis, où il risquait d'être accueilli par des manifestations hostiles.

«La raison pour laquelle j'annule mon voyage à Londres est que je ne suis pas un grand fan de l'administration Obama qui a vendu l'ambassade la mieux située et la plus agréable à Londres pour des "cacahuètes", afin d'en construire une autre bien plus éloignée pour 1,2 milliard de dollars», a écrit M. Trump dans un tweet nocturne.

Les Etats-Unis avaient en fait annoncé leur intention de déménager leur ambassade, du quartier chic et central de Mayfair sur un nouveau site dans le sud-ouest de Londres, en octobre 2008 lorsque George W. Bush était à la Maison Blanche et non sous Barack Obama.

Les médias britanniques spéculaient depuis des semaines sur la date d'une visite de M. Trump pour inaugurer le bâtiment flambant neuf en forme de cube conçu par le cabinet d'architectes américain KieranTimberlake et situé au bord de la Tamise. Il ouvrira au public le 16 janvier mais son inauguration officielle n'était pas prévue avant fin février.

Le mois dernier, l'ambassadeur Woody Johnson s'était dit impatient d'accueillir son président.

Mais la venue de Donald Trump était susceptible de provoquer une série de manifestations dans la capitale britannique, dans un contexte de tensions entre les deux alliés historiques.

«Il semble que le président Trump ait compris le message envoyé par de nombreux Londoniens qui aiment et admirent l'Amérique et les Américains mais trouvent que ses politiques et ses actions sont à l'opposé total des valeurs d'inclusion, de diversité et de tolérance de notre ville», a commenté le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, dans un communiqué.

Partenaires forts

«Sa visite le mois prochain aurait sans aucun doute suscité des manifestations pacifiques de masse», a ajouté l'édile, qui s'était écharpé sur Twitter avec le président américain, qui l'a accusé de prendre le terrorisme à la légère.

«Beaucoup d'entre nous, Londoniens, sommes ravis que Trump n'amène pas ses opinions racistes et misogynes néfastes ici en inaugurant la nouvelle ambassade américaine», a renchéri sur Twitter un député travailliste, Steve Reed.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson a balayé ces critiques, accusant Sadiq Khan et Jeremy Corbyn, le leader de l'opposition travailliste, fervent opposant à la venue de Donald Trump, de «mettre en péril la relation cruciale» entre Londres et Washington.

PA Images via Getty Images
Le maire de Londres, Sadiq Khan.

«Nous ne permettrons pas que les relations entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni soient mises en danger par un freluquet pédant à l'Hôtel de Ville», a taclé M. Johnson, maire de Londres avant Sadiq Khan.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de Downing Street a déclaré qu'aucune date n'avait été fixée pour l'inauguration, et que le projet de visite d'Etat du président américain était toujours d'actualité.

Une visite d'Etat, qui implique de nombreux honneurs, dont celui d'être reçu par la reine Elizabeth II à Buckingham Palace, avait été proposée dans la foulée d'un voyage de Theresa May aux Etats-Unis, il y a un an, peu après l'entrée en fonction de M. Trump. Mais cette annonce avait aussitôt été critiquée et jugée prématurée. Près de 1,9 million de personnes ont signé une pétition s'y opposant.

Selon le tabloïd Daily Mail, Donald Trump devait rencontrer Theresa May le 26 ou 27 février mais ne devait pas rencontrer la reine, «ce qui pourrait l'avoir découragé» de venir.

La relation «spéciale» entre Washington et Londres a été ternie par plusieurs épisodes de tension, le dernier en date en novembre, lorsque M. Trump avait retweeté des vidéos anti-musulmans mises en ligne par la vice-présidente du groupe d'extrême droite Britain First.

Vendredi, le porte-parole de Downing street a assuré que «les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont des partenaires forts, naturels et résilients, et cela est toujours d'actualité».