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11/01/2018 20:16 EST | Actualisé 12/01/2018 08:56 EST

Trump s'est emporté sur l'immigration qualifiant plusieurs nations de «pays de merde», mais se défend par la suite

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?», a demandé le président américain, jeudi.

Le président des Etats-Unis Donald Trump s'est emporté jeudi lors d'une réunion avec des parlementaires à la Maison-Blanche sur l'immigration qualifiant, selon le Washington Post, plusieurs nations africaines ainsi qu'Haïti de "pays de merde".

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis.

"Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?", a demandé le président Trump lors des discussions, selon le quotidien qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, l'homme d'affaires devenu président faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il a rencontré la première ministre la veille.

L'ONU a jugé que les propos étaient "choquants", "honteux" et "racistes". "Si c'est confirmé, il s'agit de commentaires choquants et honteux de la part du président des Etats-Unis. Désolé, mais il n'y a pas d'autre mot que 'racistes,", a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

Toujours de même source, les sénateurs présents ont été déconcertés par ces propos.

La Maison-Blanche n'a pas nié que le président américain a tenu ces propos.

"Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain", a souligné un porte-parole de l'exécutif, Raj Shah, dans un communiqué.

"Comme d'autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s'assimilent à notre grande nation", a-t-il poursuivi.

Les parlementaires étaient présents pour évoquer les discussions entre les responsables des deux partis pour encadrer le sort des "Dreamers", les jeunes bénéficiaires du programme appelé Daca (Deferred Action for Childhood Arrival), hérité de l'administration Barack Obama.

Les négociations sont ardues entre la Maison-Blanche et les parlementaires sur ce projet.

En septembre, le président Trump a abrogé le programme qui a permis à 690 000 jeunes, entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu'ils étaient enfants, de travailler et d'étudier en toute légalité en les protégeant de l'expulsion. Il a donné jusqu'au 5 mars au Congrès pour trouver un compromis.

Trump se défend

Donald Trump a laissé entendre vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression "pays de merde" lors d'une réunion avec des élus, la veille, sur l'immigration.

"Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés", a-t-il tweeté.

Ces propos ont suscité une vague d'indignation aux États-Unis et à travers le monde.

Dans une longue série de tweets, M. Trump a par ailleurs une nouvelle fois défendu vendredi sa fermeté sur l'immigration.

"Je veux un système d'immigration fondé sur le mérite et des gens qui aideront notre pays à aller de l'avant", a-t-il écrit.

"Je veux la sécurité pour notre peuple", a-t-il martelé.

Plusieurs réactions

Membre du Congrès américain, le démocrate Luis Gutierrez a réagi en déclarant: "Nous pouvons dire maintenant avec 100% de certitude que le président est un raciste qui ne partage pas les valeurs inscrites dans notre Constitution".

Sa collègue républicaine Mia Love, d'ascendance haïtienne, a jugé dans un communiqué ces propos "désobligeants" et "inacceptables" de la part du président américain.

"Si c'est confirmé, il s'agit de commentaires choquants et honteux de la part du président des Etats-Unis. Désolé, mais il n'y a pas d'autre mot que +racistes+", a déclaré vendredi à Genève Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés.

Ces propos montrent le "pire côté de l'humanité, en validant et encourageant le racisme et la xénophobie", a-t-il asséné.