POLITIQUE
11/01/2018 11:18 EST | Actualisé 11/01/2018 11:19 EST

Le Canada veut garder l'ALÉNA, mais se «prépare au pire», affirme Chrystia Freeland

«Nous devons prendre nos voisins aux mots, les prendre au sérieux.»

Patrick Doyle/Bloomberg via Getty Images
Chrystia Freeland.

Le Canada espère encore obtenir un accord à l'issue de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) mais "se prépare au pire" avec un possible retrait des Américains, a déclaré jeudi la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

"Dès le début, les Etats-Unis ont été clairs" sur l'éventualité de leur retrait de l'ALÉNA, et le Canada "espère au mieux, mais se prépare au pire", a souligné la ministre lors d'une conférence de presse.

Nous devons prendre nos voisins aux mots, les prendre au sérieux.Chrystia Freeland

Mme Freeland a indiqué que "le Canada est prêt à toute éventualité".

La sixième séance de renégociations de l'ALÉNA entre Canadiens, Mexicains et Américains doit se tenir fin janvier à Montréal, mais, en coulisses, le Canada se prépare activement à un retrait des Etats-Unis, avait indiqué mercredi une source gouvernementale.

Le Canada approche cette nouvelle session de renégociation avec "bonne volonté" et espère un "dénouement positif" des discussions si "de la bonne volonté est présente chez tous les participants", a prévenu Chrystia Freeland.

Les trois pays se sont donnés jusqu'à mars pour renégocier ce traité de libre-échange mis en place il y a près de 25 ans.

En cas d'échec des discussions, l'utilisation de l'article 2205 de l'accord par les Etats-Unis déclencherait un processus de six mois qui mènerait à son retrait formel de l'ALÉNA.

Le ministre canadien du Commerce international François-Philippe Champagne a défendu la nécessité d'user avec les Etats-Unis de la même rhétorique de fermeté.

"Quand les gens voient que vous êtes fermes, vous gagnez le respect", a déclaré M. Champagne.

"Nous avons toujours été constructifs (...) et nous comprenons que (les Etats-Unis) sont notre premier partenaire commercial mais je pense que les homologues américains comprennent quand vous êtes forts", a-t-il dit.

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