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10/01/2018 07:24 EST | Actualisé 10/01/2018 14:13 EST

Les manifestants appellent le siège social de Tim Hortons à intervenir

Outre les manifestations devant une quinzaine de cafés-restaurants Tim Hortons, un appel au boycottage avait aussi été lancé sur les réseaux sociaux.

La Presse canadienne/Chris Young

Des syndicats organisaient mercredi en Ontario des manifestations devant une quinzaine de cafés-restaurants Tim Hortons, après que des franchisés ont rogné dans les conditions de travail de leurs employés pour compenser la hausse du salaire minimum dans cette province.

Une campagne avait aussi été lancée mardi sur les réseaux sociaux invitant les consommateurs à boycotter les Tim Hortons ce jour-là et à encourager plutôt des petits établissements indépendants.

On a appris récemment que plusieurs franchisés avaient réduit certains des avantages consentis à leurs employés pour compenser la hausse du salaire minimum en Ontario, qui est passé de 11,60 $ à 14,00 $ l'heure le 1er janvier. La réforme du travail adoptée par le gouvernement de Kathleen Wynne prévoit aussi une augmentation des vacances payées et du nombre de jours de congé pour des urgences personnelles. Le salaire minimum passera par ailleurs à 15 $ l'heure le 1er janvier 2019 en Ontario.

Certains franchisés ontariens ont réagi en abolissant les pauses rémunérées ou en réduisant les avantages des assurances collectives en santé et en soins dentaires, afin de réduire leurs coûts.

La Presse canadienne/Chris Young
Des membres de la Fédération du travail de l'Ontario manisfestaient devant une franchise de Tim Hortons à Toronto.

En octobre, la société mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International (TSX:QSR), a affiché un bénéfice en hausse de près de six pour cent au troisième trimestre, à 91,4 millions $ US, comparativement à 86,3 millions $ US pour la même période un an plus tôt. Des syndicats soutiennent que la chaîne et la société mère sont "extrêmement rentables" et qu'elles peuvent se permettre d'absorber la hausse du salaire minimum sans pénaliser les employés.

Le siège social appelé à intervenir

"Le siège social a le pouvoir de renverser la vapeur et d'ordonner (aux franchisés) d'abandonner ces mesures de représailles", résume Pam Frache, militante pour l'équité et le salaire minimum à 15 $, qui n'a pas l'intention de baisser les bras dans ce dossier qui prend valeur de symbole en Ontario.

Mais le débat reste entier sur les responsabilités des franchisés et de la société mère dans cette affaire, qui a donné lieu à des poursuites judiciaires au cours des derniers mois. Tim Hortons soutient que les franchisés sont responsables de déterminer les salaires et avantages sociaux de leurs employés, en respectant les lois en vigueur dans leur province. Mais certains franchisés prétendent que la société mère, qui fixe le prix des aliments offerts sur le menu, devrait aider les propriétaires à composer avec une telle hausse du salaire minimum.

Une association qui représente la moitié des franchisés canadiens de Tim Hortons estime que la réforme ontarienne du travail coûtera à chacun en moyenne 243 889 $ par année. L'association espère que Restaurant Brands International réduira les coûts d'approvisionnement des franchisés ou qu'elle augmentera les prix sur le menu, sans quoi les franchisés "n'ont d'autre choix que de réduire leurs coûts afin de survivre".

Tim Hortons rétorque en soutenant que ces mesures irresponsables et totalement inacceptables "ne reflètent pas les valeurs de notre marque, de notre entreprise ou de la vaste majorité" des propriétaires de restaurants. La chaîne estime plutôt que les employés "ne devraient jamais être utilisés pour faire avancer une cause, ou être traités comme de simples "coûts d'exploitation"".

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