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09/01/2018 19:24 EST | Actualisé 09/01/2018 19:26 EST

Le recteur de Concordia répond aux allégations d'inconduite sexuelle

Ces allégations seraient «traitées avec le plus grand sérieux».

Concordia University

Le recteur de l'Université Concordia, à Montréal, a dit être ébranlé par une publication sur un blogue comportant des allégations d'inconduite sexuelle envers des membres du département d'études anglaises.

Alan Shepard a parlé d'allégations «graves» faites par le blogueur Mike Spry, qui ne touchent pas seulement Concordia, affirmant qu'elles seraient «traitées avec le plus grand sérieux».

M. Shepard a affirmé que la publication comporte des allégations précises, de même que des allégations générales sur l'environnement de travail dans le programme de création littéraire du département.

M. Spry, qui a été accepté dans le programme de création littéraire de premier cycle de Concordia en 2004, allègue avoir été témoin et avoir été mis au fait pendant quelques années d'un nombre «incalculable de cas de gestes d'affection non désirés, d'attouchements, de remarques et de propositions inappropriées».

Le blogueur soutient que des hommes en position d'autorité, après avoir été rejetés par des femmes, auraient propagé des rumeurs, dénigré et humilié celles les ayant rejetés.

Dans une lettre à l'attention des «membres de la communauté de Concordia», M. Shepard a souligné que l'Université Concordia avait adopté plusieurs mesures au cours des dernières années afin de «rendre son milieu d'apprentissage et de travail plus sûr».

«Nous avons à cœur d'améliorer sans cesse notre réponse à la violence et au harcèlement sexuels», a-t-il affirmé.

«Pas de noms, seulement des monstres»

Le recteur a souligné que l'établissement avait créé un Centre d'aide aux survivantes et survivants d'agression sexuelle, et avait adopté en 2016 une nouvelle politique sur la violence à caractère sexuel qui vise à clarifier le processus de déclaration et à le rendre «moins pénible» pour les victimes.

Les allégations de M. Spry sont contenues dans un billet de blogue de 14 pages, daté du 8 janvier, intitulé «Pas de noms, seulement des monstres».

Le blogueur soutient qu'un professeur de Concordia, écrivain bien connu, se vantait ouvertement d'avoir eu des sorties ou des relations sexuelles avec des élèves.

«Il aurait tenté de les manipuler en leur achetant des consommations alcoolisées, utilisant le prétexte de vouloir discuter de leur travail, les accablant d'alcool et d'attention, leur promettant publication et louange, leur proposant un mentorat (et) dans le cas d'un refus des avances, dénigrant leur personne et leurs écrits», a écrit M. Spry.

Le blogueur ne s'en prend pas seulement à Concordia, disant avoir été témoin de l'abus de pouvoir et de «la normalisation de la sexualisation des élèves par des professeurs, des écrivains et des éditeurs».«Lors d'un festival de littérature de Montréal, un écrivain reconnu internationalement, malgré qu'il soit professeur à Concordia, a loué une chambre d'hôtel où il pouvait recevoir de jeunes auteures loin de sa maison et de sa famille», a écrit M. Spry.