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08/01/2018 18:38 EST | Actualisé 08/01/2018 18:41 EST

Pas de trottoirs chauffants… « Ouin pis? », disent les Montréalais

Ils s'arment de bonnes bottes et de patience pour affronter l'hiver.

Olivier Robichaud

Les Montréalais semblent peu s'en faire de l'abandon possible des trottoirs chauffants lors du réaménagement de la rue Sainte-Catherine. Sur la quinzaine de piétons croisés aux abords du chantier, une seule s'en est désolée.

La rue Sainte-Catherine est entrée en chantier lundi. Plusieurs tronçons sont réduits à une voie ou même carrément fermés à la circulation entre les rues Mansfield et de Bleury.

La Ville profite de travaux de réfection sur les infrastructures souterraines pour réaménager la principale artère commerciale de Montréal. Lors de la présentation du projet, l'administration de l'ancien maire Denis Coderre avait promis d'installer une dalle chauffante sous les trottoirs pour réduire les accumulations de neige et de glace.

La nouvelle mairesse Valérie Plante a toutefois émis des doutes sur le maintien de la dalle chauffante lors de commentaires publiés par Le Devoir jeudi.

Lundi, au milieu d'une chute de neige qui suivait l'importante tempête de la semaine dernière, les passants ne semblaient pas trop s'en faire.

«Je n'ai rien connu d'autre, alors on s'achète de bonnes bottes et ça marche», affirme un passant.

Une prénommée Sophie qualifie les trottoirs chauffants de «luxe».

«Je peux comprendre que ce serait mieux pour quelqu'un qui a des problèmes de genoux, par exemple. Mais il me semble que c'est un luxe. L'argent pourrait être dépensé ailleurs.»

Trop onéreux pour Destination centre-ville

Même son de cloche pour la société de développement commercial (SDC) Destination centre-ville, qui regroupe des commerçants de plusieurs artères, dont Sainte-Catherine.

«Le but n'est pas de chauffer la rue, c'est que l'aménagement ne soit pas endommagé par les équipements de déneigement», souligne le directeur général André Poulin.

«Nous, on avait proposé une solution qui utilisait la géothermie, mais ça a l'air que ce n'est pas possible sur Sainte-Catherine. Maintenant, la dalle chauffante, c'est onéreux comme coût. Et ça se brise facilement. Si la nouvelle administration décide de l'enlever, nous on ne va pas s'opposer à ça», ajoute-t-il.

La dalle devait coûter environ 26 M$ sur un projet de 131 M$.

M. Poulin attend de voir quelles solutions seront avancées par l'administration. Une présentation devant les commerçants du secteur est prévue le 15 janvier.

Inopérante sur Vauquelin

Cette réévaluation survient alors que la dalle chauffante installée sous la place Vauquelin ne donne pas les résultats escomptés. Elle est inopérante en raison d'un bris qui a mis la fontaine hors service pendant une partie de l'été.

Lors des tests effectués après les réparations, la Ville s'est rendu compte qu'il manquait un système de pompage à vapeur. Celle-ci sera installée d'ici la mi-février.

Le projet de la place Vauquelin avait été complété à l'intérieur du budget de 14,7 M$. La Ville utilisera donc une partie du solde pour faire installer le système de pompage.