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08/01/2018 18:27 EST | Actualisé 09/01/2018 09:27 EST

Le Canada s'organise pour éviter une vague de migrants salvadoriens

«Nous devons être prêts à toutes les éventualités et nous le sommes».

Le Canada "veut s'assurer d'être prêt" à l'éventuelle arrivée massive de migrants salvadoriens, actuellement au nombre de près de 200 000 aux Etats-Unis dont le statut spécial sera résilié dans 18 mois, a indiqué lundi le ministre de la sécurité publique.

L'administration Trump a annoncé lundi la suppression à compter du 9 septembre 2019 du statut de protection temporaire (TPS) instauré en 2001 à la suite d'un tremblement de terre meurtrier au Salvador.

"Nous devons être prêts à toutes les éventualités et nous le sommes", a assuré le ministre canadien de la Sécurité publique Ralph Goodale à la télévision CBC.

Le Canada travaille sur des mesures "depuis des mois" afin d'éviter une répétition de l'arrivée massive à la frontière canadienne de migrants haïtiens l'été dernier après la perte annoncée de leur propre statut temporaire aux Etats-Unis.

Au cours des 18 mois précédant la fin du statut de protection des quelque 200 000 Salvadoriens résidant aux Etats-Unis, le gouvernement canadien va "entrer en contact avec des groupes et organisations" représentant cette communauté aux Etats-Unis pour les dissuader de traverser illégalement la frontière canado-américaine, longue de plus de 8500 kilomètres.

Ralph Goodale a jugé que le délai de 18 mois donné aux Salvadoriens permet au Canada de s'organiser. Il a ajouté que c'est une demande que le gouvernement canadien avait transmis aux Américains.

Les réfugiés fuyant les Etats-Unis traversent illégalement la frontière dans des zones boisées, principalement au Québec (est), ou au Manitoba (centre), afin de présenter une demande d'asile au Canada. Une majorité de ces demandes ont été rejetées pour les Haïtiens car non-conformes aux conditions d'éligibilité canadiennes.

Le ministre de la Sécurité publique a également indiqué qu'une cinquantaine de demandeurs d'asile continuent à traverser quotidiennement la frontière au bout du chemin Roxham au Québec pour demander l'asile au Canada, bien que les températures hivernales avoisinent souvent les -20 degrés Celsius.