POLITIQUE
07/01/2018 13:57 EST | Actualisé 07/01/2018 13:57 EST

Les élus masculins doivent dénoncer le harcèlement, dit Nathan Cullen

Le néo-démocrate a l'intention de collaborer avec ses collègues de tous les partis à ce sujet.

Chris Wattie / Reuters

Les députés masculins doivent contribuer à amener un changement de culture sur la Colline du Parlement et à lutter contre les inconduites sexuelles, a déclaré le député néo-démocrate Nathan Cullen, qui a l'intention de collaborer avec ses collègues de tous les partis à ce sujet.

Selon lui, «l'écosystème» d'un parlement dans lequel se côtoient des employés, des lobbyistes et des élus, peut créer un espace où peuvent se brouiller vie personnelle et vie professionnelle.

«On passe de longues heures loin de la maison, dit-il. L'environnement professionnel est net, mais il y aussi les réceptions et des occasions qui permettent à des gens, volontairement ou pas, de causer du tort ou de mal comprendre une relation. Ça, je l'ai observé.»

La ministre de l'Environnement Catherine McKenna — qui s'est publiquement insurgée contre ceux qui la surnommaient «Climate Barbie» sur les sites internet — soutient que ces cas de harcèlement doivent être combattus au Parlement et en tout milieu de travail. Selon elle, des mouvements comme #MoiAussi ne seront efficaces que s'ils sont appuyés par des gestes concrets.

«Si nous n'agissons pas, quel exemple établirons-nous pour les filles et les garçons ?, a dit Mme McKenna. J'ai deux filles. J'ai un fils. Parviendrons-nous à rendre notre monde meilleur, plus sûr, plus égal pour tous ?»

La Presse canadienne a récemment mené une enquête le mois dernier auprès des députées fédérales sur la question des inconduites sexuelles. Des 38 répondantes (sur 89 élues), plus de la moitié ont révélé avoir déjà vécu une forme d'inconduite sexuelle que ce soit par des remarques, des messages textes et des commentaires sur les réseaux sociaux qui sont inappropriés ou encore des gestes déplacés. Quatre députées ont affirmé avoir déjà vécu du harcèlement sexuel dans le cadre de leurs fonctions et trois disent avoir subi une agression sexuelle.

Près de la moitié des répondantes ont dit avoir été l'objet de commentaires inappropriés sur les réseaux sociaux.

«Cela me blesse, me trouble, mais cela ne me surprend pas, a reconnu M. Cullen. C'est un témoignage sur l'environnement que nous avons permis d'exister. Je ne sais pas comme cela se compare avec les autres milieux de travail, mais le Parlement doit être un exemple d'un endroit sûr pour les gens qui y travaillent.»

La chef du Parti vert, Elizabeth May, estime qu'on pourra commencer à régler le problème lorsque les députés mâles dénonceront les comportements inacceptables dès qu'ils les connaîtront. «Si vous entendez quelque chose d'inapproprié au cours d'une réunion de votre caucus, dites-le à vos collègues mâles», conseille-t-elle.

«Changer cette culture et avoir des élus mâles qui comprendront vraiment que les féministes existent seront des pas importants.»

Le chef conservateur Andrew Scheer dit que le processus de plainte établi lors de la dernière législature évoluera au rythme des incidents. Quand il était président de la Chambre des communes, se souvient-il, les réformes recevaient un fort appui. «Les représentants de tous les partis politiques sont vraiment motivés à améliorer la situation. Ce n'était pas un débat partisan. C'était plutôt: 'essayons de trouver quelque chose qui pourra fonctionner'.»