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06/01/2018 16:39 EST | Actualisé 06/01/2018 16:39 EST

Harcèlement dans le milieu culturel: Ottawa étudie ses politiques de financement

Le Ministère a précisé que ces organismes devaient déjà respecter le code d'éthique du secteur public.

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Le gouvernement fédéral a décidé d'examiner ses politiques relativement au financement des organismes culturels afin de s'assurer que ceux qui bénéficient de subventions font la promotion de milieux de travail sécuritaires.

Cette annonce survient dans la foulée de la démission du fondateur et directeur artistique du Soulpepper Theatre, qui a été accusé d'inconduite sexuelle par quatre actrices.

Albert Schultz a nié les allégations, qui ont été dévoilées dans des poursuites déposées contre lui plus tôt cette semaine.

Le ministère du Patrimoine canadien n'a pas fait explicitement fait référence à M. Schultz dans son communiqué sur l'importance des milieux de travail sécuritaires, mais a déclaré que de «récents événements» l'avaient poussé à réitérer sa politique de tolérance zéro par rapport au harcèlement au travail.

Il a ajouté avoir lancé un examen de ses politiques de financement pour être certain que «les organismes bénéficiaires favorisent des milieux de travail sains et exempts de harcèlement».

Le Ministère a précisé que ces organismes devaient déjà respecter le code d'éthique du secteur public.

«Compte tenu des préoccupations actuelles au sujet du harcèlement dans le secteur culturel et dans d'autres secteurs de la société, nous réitérons que toutes les activités du ministère du Patrimoine canadien sont régies par le respect de la dignité humaine et de la valeur de chaque personne», a écrit le gouvernement dans son communiqué.

«Nous nous joignons aux artistes, aux comédiens et aux créateurs du secteur culturel pour affirmer que le harcèlement n'est pas toléré. Tous les Canadiens doivent pouvoir travailler dans un milieu sécuritaire et dénoncer les cas de harcèlement sans courir de risque.»

Les membres des arts de la scène du Canada ont soutenu que les allégations contre Albert Schultz et Soulpepper avaient servi de signal d'alarme pour l'industrie, amenant plusieurs compagnies théâtrales à revoir leurs propres protocoles en matière de sécurité au travail.

Les efforts visant à remédier au harcèlement sexuel dans le milieu du théâtre étaient déjà en cours depuis longtemps quand Diana Bentley, Hannah Miller, Patricia Fagan et Kristin Booth ont accusé M. Schultz d'inconduite sexuelle.

Dans leur déclaration, elles reprochent au directeur artistique de les avoir tripotées, de s'être dénudé devant elle, de s'être pressé contre elles et d'avoir eu d'autres comportements inappropriés.

Albert Schultz, qui a démissionné jeudi, a fait savoir qu'il se défendrait «vigoureusement» contre ces allégations, qui n'ont pas été prouvées en cour.

Plusieurs compagnies théâtrales ont dit participer à une initiative visant à fournir des ressources aux actrices et acteurs souffrant d'anxiété en raison du harcèlement au travail.