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05/01/2018 18:58 EST | Actualisé 05/01/2018 18:58 EST

Un milliardaire contournerait les règles pour construire un complexe sportif personnel

Le chantier dérange ses voisins, qui poursuivent l'homme et la Ville de Mont-Tremblant

stevecoleimages via Getty Images

Un milliardaire américain se fait traîner en justice pour des installations sportives coûteuses et dérangeantes installées sur sa résidence privée de Mont-Tremblant. La Ville a accepté les travaux même si ceux-ci ne respectent pas le règlement de zonage.

Dennis Gillings est le fondateur de Quintiles, la plus grande entreprise d'essais cliniques médicaux au monde. Milliardaire, ou presque selon les sources consultées, il est propriétaire d'un terrain aux abords du lac Desmarais, à Mont-Tremblant. Elle est évaluée à près de 3 M$.

L'endroit compte de nombreuses maisons luxueuses, mais les projets de M. Gillings agacent Andrew et Lori Kathleen Merton, qui habitent de l'autre côté du lac.

«En 2015, les défendeurs ont entrepris un projet de développement majeur sur leur propriété et sont en train de construire un complexe de divertissement à l'échelle d'une grande station commerciale de vacances, dépassant apparemment plus de 100 M$ pour le construire», lit-on dans la requête déposée en Cour supérieure.

Le complexe comprendrait une piscine, un aréna et un terrain de tennis.

Les chiffres des Merton n'ont pas encore été prouvés en cour, mais leurs allégations concernant les autorisations données par la Ville de Mont-Tremblant se trouvent dans des documents municipaux.

Les plaignants allèguent aussi qu'une partie de la construction se trouverait en terrain humide, ce qui est interdit.

Un secteur protégé

Le secteur du lac Desmarais fait l'objet de plusieurs restrictions en matière de construction afin de préserver l'aspect naturel de l'endroit. Les propriétaires doivent notamment conserver 85% de la végétation et laisser des zones tampons d'arbres autour des limites de leur domaine, surtout devant le lac. M. Gillings a toutefois fait une demande de dérogation mineure pour réduire la végétation à 76% pour un des deux lots de sa propriété.

La demande a été accordée par la Ville. Jusque-là, tout va bien pour les Merton. Sauf que la dérogation mineure, selon eux, est devenue majeure. La végétation a été réduite à 59% sur le lot en question et à 63% sur le second, qui n'était pas visé par la demande initiale.

En 2017, M. Gillings et sa conjointe ont demandé deux autres dérogations mineures pour «régulariser» la situation. Selon les procès-verbaux de la Ville, ces dérogations ont été accordées. La municipalité a toutefois recommandé le reboisement d'une partie du terrain et l'achat d'une autre parcelle où la construction serait interdite.

Selon les Merton, cette réduction importante de la végétation ne peut être considérée comme une dérogation «mineure» au règlement de zonage. Ils accusent M. Gillings de mauvaise foi pour avoir outrepassé les limites de sa demande originale.

«Réduire l'espace naturel dans le but de construire un développement majeur compromet le caractère naturel de l'endroit ainsi que la raison d'être de cette règlementation», affirment-ils à la Cour.

Ils réclament l'annulation des dérogations et des permis accordés, la destruction de la patinoire et du terrain de tennis, le reboisement des lots ainsi que le paiement de 100 000$ en dommages.

Bruit et lumières

Les Merton affirment de plus que les Gillings éclairent leur terrain de tennis et leur patinoire jour et nuit, contrevenant aux règles du secteur.

«La pollution lumineuse empêche les plaignants de jouir pleinement du ciel étoilé et des aspects extérieurs de leur propriété le soir, et les force à fermer les rideaux en tout temps», allèguent-ils.

Le bruit du chantier, ininterrompu depuis trois ans selon la poursuite, dérange également les résidents.

Le HuffPost Québec n'a pas été en mesure de contacter M. Gillings. Aucune date de cour n'a encore été établie.