POLITIQUE
05/01/2018 11:56 EST | Actualisé 05/01/2018 11:56 EST

Aga Khan: les conservateurs veulent convoquer Trudeau devant un comité

Cette escapade constituait un cadeau au sens des régimes en matière de conflits d'intérêts.

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Les conservateurs veulent que Justin Trudeau présente devant un comité le récit de ses vacances sur l'ile privée de l'Aga Khan qui lui ont valu un sévère blâme de la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

Le député conservateur Peter Kent a écrit au président du comité permanent de l'éthique pour réclamer une rencontre extraordinaire, mardi prochain, afin de discuter d'une motion visant à faire comparaître le premier ministre à la mi-janvier, avant la rentrée parlementaire.

Par voie de communiqué, vendredi, il a plaidé que «les conclusions du rapport Trudeau justifient clairement une telle invitation», notant que «c'est la première fois qu'un premier ministre canadien enfreint une loi fédérale dans le cadre de ses fonctions».

Dans un rapport explosif publié peu avant Noël, la commissaire Mary Dawson a déterminé que M. Trudeau avait enfreint quatre articles de la Loi sur les conflits d'intérêts en passant ses vacances avec famille et amis sur l'île privée de l'Aga Khan.

Selon les conclusions de la commissaire, cette escapade aux Bahamas organisée sous l'impulsion de la femme du premier ministre, Sophie Grégoire, constituait un cadeau au sens des régimes en matière de conflits d'intérêts.

Le premier ministre a toujours plaidé que le leader spirituel était un ami de la famille, mais la commissaire n'a pas adhéré à cette thèse, notant que M. Trudeau et l'Aga Khan n'avaient eu aucune interaction pendant 30 ans, entre 1983 et 2013, sauf lors des funérailles de Pierre Elliott Trudeau, en 2000.

La commissaire Dawson a jugé que «la nature de (leurs) rapports ne permet pas d'établir que les deux hommes entretiennent une relation d'amitié» au sens de la Loi, et que l'exception permettant d'accepter un cadeau d'un ami ne s'appliquait donc pas.

En conférence de presse peu après le dépôt du rapport, le premier ministre a déclaré qu'il acceptait le verdict de la commissaire Dawson, mais qu'il était en désaccord avec sa conclusion sur le lien qui l'unit au richissime philanthrope, dont la fondation est inscrite au registre des lobbyistes.

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