NOUVELLES
04/01/2018 10:04 EST | Actualisé 04/01/2018 14:06 EST

Lac-Mégantic: la plaidoirie de Jean Demaître a débuté jeudi matin

Le directeur de l'exploitation de la Montreal Maine & Atlantique (MMA) au Québec est accusé de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Jean Demaître était directeur de l'exploitation de la Montreal Maine & Atlantique (MMA) au Québec.

La chaîne de sécurité mise en place pour les trains s'est fissurée et Jean Demaître n'était que le troisième - et dernier - maillon de cette chaîne, a fait valoir jeudi l'avocat de l'homme accusé de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes dans la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, survenue le 6 juillet 2013.

Gaétan Bourassa a plaidé toute la matinée, au palais de justice de Sherbrooke, devant le jury et le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure.

D'entrée de jeu, Me Bourassa a fait valoir qu'il s'agit du procès de Jean Demaître, qui était directeur de l'exploitation de la Montreal Maine and Atlantic (MMA) au Québec, et non pas du procès de cette entreprise ferroviaire, qui a été fort critiquée par la population en raison de cette tragédie.

"N'associez pas Jean Demaître à la compagnie, il y a une distinction monstre entre les deux", a-t-il dit.

Le jury de 14 personnes écoutait attentivement ses arguments jeudi matin.

Me Bourassa leur a dit qu'ils devront faire la distinction entre la négligence criminelle et la simple négligence.

Il a plaidé que la fissure de la chaîne de sécurité s'est produite au premier maillon. Cela semble viser le chef du train - qu'il n'a pas nommé - Thomas Harding, qui était responsable d'appliquer les freins sur le convoi et de les tester.

Vous devez vous rappeler que M. Demaître était le troisième et dernier maillon de la sécurité.Me Gaétan Bourassa, avocat de Jean Demaître

Il a plaidé que la Couronne accuse son client de la "chute de la sécurité" mais qu'il n'en est pas responsable.

Pour sa défense, il a également dit que Jean Demaître ne participait pas aux décisions de la direction sur la sécurité: elles étaient prises aux États-Unis, par la compagnie-mère de la MMA.

Me Bourassa s'est aussi employé à miner la crédibilité de quelques témoins appelés à la barre par la Couronne.

Il a rappelé que son client bénéficie de la présomption d'innocence et que le fardeau de la preuve - hors de tout doute raisonnable - revient à la Couronne, alors que la défense n'a rien à prouver.

Jean Demaître, Thomas Harding et un autre ancien employé de la MMA, soit le contrôleur Richard Labrie, sont accusés de négligence criminelle causant la mort. Ils ont plaidé non coupables.

Les accusations contre les trois anciens employés de la MMA ont été portées après qu'un train de 72 wagons transportant du pétrole brut, laissé sans surveillance, a détalé la pente où il avait été stationné. Il a déraillé et explosé, tuant 47 personnes et rasant une partie du centre-ville de Lac-Mégantic.

Quant à la Couronne, elle avait présenté sa plaidoirie mercredi.

Me Bourassa doit poursuivre sa plaidoirie jeudi après-midi. L'avocat de Richard Labrie, Guy Poupart, prendra ensuite le relais.