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03/01/2018 09:49 EST | Actualisé il y a 11 heures

Les plaidoiries ont débuté au procès de Lac-Mégantic mercredi matin

Le chef de train et deux employés de la MMA ont plaidé non coupables.

LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz
Le chef de train Thomas Harding, à gauche, quitte la salle d'audiences pendant la première journée du procès de la tragédie de Lac-Mégantic à Sherbrooke, le 2 octobre 2017. Il est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes.

Le chef de train Thomas Harding a joué un rôle significatif dans la mort des 47 victimes de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, parce qu'il n'a pas appliqué suffisamment de freins sur le convoi - soit juste la moitié de ce qui était requis - et qu'il n'a pas effectué de tests sur ceux-ci avant de quitter pour la nuit, a plaidé l'un des procureurs de la Couronne, mercredi matin.

Me Sacha Blais a ainsi commencé sa plaidoirie au palais de justice de Sherbrooke, où se déroule le procès criminel depuis le début du mois d'octobre.

Le procès devant le jury de 14 personnes est présidé par le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure.

Sans la conduite de M. Harding, l'explosion catastrophique du train de pétrole brut qui a dévalé la pente entre les villes de Nantes et de Lac-Mégantic ne se serait jamais produite, a lancé Me Blais. Il a fait preuve d'insouciance et de mépris envers la sécurité de la population, juge-t-il.

Thomas Harding est accusé de négligence criminelle, tout comme deux employés de la compagnie de chemin de fer Montreal Maine & Atlantic (MMA), Richard Labrie et Jean Demaître.

Ils ont tous trois plaidé non coupables.

La conduite d'un train de 10 000 tonnes est une activité qui comporte certains dangers, a fait valoir Me Blais. Et les employés sur le terrain sont les derniers remparts pour la sécurité des gens.

Il y a des règles à suivre, consignées dans des documents, lorsqu'un train sera laissé sans surveillance: celles-ci prévoient le nombre de freins à main minimum qui doivent être appliqués et que des tests doivent être faits sur les freins pour s'assurer qu'ils soient efficaces. Un train laissé en haut d'une pente demande un nombre plus élevé de freins. Le personnel ne doit pas non plus se fier aux freins pneumatiques, a aussi expliqué le procureur.

"Ces textes sont clairs", a tranché Me Blais, qui plaide en anglais. Et ils ne sont pas compliqués, a-t-il ajouté.

"Si Thomas Harding ne fait pas son travail de façon sécuritaire à Nantes (là où le train était arrêté la veille du drame), qui le fera?", a demandé le procureur.

Il est prévu que les plaidoiries durent trois jours.

Quelques dizaines de personnes assistaient aux plaidoiries mercredi matin.

Le déraillement tragique du convoi de 72 wagons transportant du pétrole brut s'est produit le 6 juillet 2013. Il a explosé et tué 47 personnes, rasant une partie du centre-ville de cette petite ville de l'Estrie.

Les trois accusés n'ont pas fait venir de témoins à la barre et n'ont pas non plus témoigné.

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