POLITIQUE
02/01/2018 13:30 EST | Actualisé 02/01/2018 13:30 EST

Voici des sujets qui risquent de retenir l'attention en 2018

Élections provinciales, taxe Netflix, procès Normandeau...

LA PRESSE CANADIENNE

MONTRÉAL — Si les mordus d'actualité se sont sentis étourdis par l'avalanche de nouvelles en 2017 dans les milieux politiques, économiques et culturels, ils risquent de l'être tout autant en 2018, puisque plusieurs dossiers sont encore ouverts et risquent d'évoluer en cette nouvelle année.

Voici un tour d'horizon des sujets les plus chauds à surveiller cette année au Québec, à l'international et dans le domaine culturel:

Au Québec:

— Les incontournables élections générales de 2018

En vertu de la Loi sur les élections à date fixe, les prochaines élections québécoises auraient lieu le 1er octobre 2018. Cette date semble encore bien loin, mais les principaux partis ont déjà commencé à se positionner en vue du scrutin. Il reste plusieurs mois, ce qui est long en politique, mais en ce moment, le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) sont en tête. Selon le politologue Réjean Pelletier, le chef de la CAQ, François Legault, devrait être la cible de tous les tirs cette année — et cela pourrait lui nuire. «François Legault, il aime beaucoup parler, il aime être en avant, mais il peut aussi se mettre les pieds dans les plats, et ça, ça peut être très dommageable lorsque c'est bien exploité par les autres partis», a-t-il indiqué en entrevue. Selon le spécialiste, le PLQ pourrait de son côté être embarrassé par le problème de la corruption, qui surgit souvent dans l'actualité. Quant au Parti québécois, il est affaibli en partie par la mise en veilleuse de la souveraineté, qui profite à la CAQ, selon M. Pelletier: «On a perdu des appuis probablement de la part de gens qui étaient souverainistes, et qui se disent que ça ne sert pas à grand-chose parce qu'il n'y aura pas de référendum.»

— Une taxe sur Netflix

Bien que le gouvernement fédéral ait choisi de ne pas imposer de taxe sur l'accès au site de vidéo sur demande, Québec a pour objectif, lui, d'appliquer la Taxe de vente du Québec (TVQ) sur ce service dès 2018. Dans une lettre envoyée à son homologue fédéral, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a affirmé que le Québec «n'avait pas d'autre choix que d'agir seul», car «il en va de l'équité et de la légitimité de nos régimes fiscaux». Loin d'être influencé par le Québec, le gouvernement fédéral a dit qu'il refusait toujours «d'ajouter au fardeau fiscal des Canadiens».

— Une ex-vice-première ministre en cour?

Le procès de Nathalie Normandeau et de ses cinq coaccusés sera-t-il annulé? Mme Normandeau et certains de ses coaccusés ont fait cette demande en vertu de l'arrêt Jordan, qui limite la durée des procès. Le juge André Perreault, qui préside le procès, se penchera sur leur requête en janvier. Le procès doit avoir lieu en avril 2018 et selon la Couronne, il devrait durer au moins quatre mois. Nathalie Normandeau a été ministre des Affaires municipales de 2005 à 2009 sous l'ancien gouvernement de Jean Charest. Elle a également été vice-première ministre de 2007 à 2011, lorsqu'elle a démissionné. Si le procès a finalement lieu, à quelques mois des élections provinciales, les audiences pourraient une fois de plus éclabousser le Parti libéral de Philippe Couillard, alors que les partis de l'opposition tentent d'associer le gouvernement actuel à celui de Jean Charest.

— La fin des statuts de protection temporaire aux États-Unis

Cette nouvelle qui semble d'abord internationale aura probablement des répercussions au Québec et au Canada. L'administration de Donald Trump a annoncé qu'elle mettait fin aux statuts de protection temporaire des Nicaraguayens et des Haïtiens établis aux États-Unis respectivement depuis 1998 et 2010. Depuis l'élection de Donald Trump aux États-Unis, des milliers de migrants ont traversé la frontière canadienne de façon informelle pour demander l'asile au Canada. L'été dernier, des milliers de migrants, la majorité d'origine haïtienne, ont franchi la frontière, forçant la Ville de Montréal à héberger ces gens notamment au Stade olympique. Après l'annonce des Américains en novembre, le gouvernement canadien a dit redouter une nouvelle vague migratoire. Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait assuré que les ressources nécessaires pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les agents frontaliers étaient en place, de même que des plans d'urgence pour divers scénarios. Selon le ministère québécois de l'Immigration, du 1er janvier au 31 octobre 2017, 41 355 demandes d'asile ont été présentées au Canada, dont 20 390 au Québec (49,3 pour cent).

— Les municipalités gagnent en pouvoirs

À partir du 1er janvier, les municipalités du Québec disposeront de plus de pouvoirs et de ressources. Les maires et les conseils municipaux pourront notamment accorder les contrats de 100 000 $ et moins, ainsi que fixer la rémunération des élus. Les élus municipaux pourront aussi implanter des mesures en aménagement du territoire sans être obligés d'organiser des référendums, à condition d'avoir une politique de participation publique. Cette dernière mesure avait été décriée par des groupes communautaires qui y voyaient une disparition du «contre-pouvoir démocratique». L'Union des municipalités s'était toutefois réjouie de ce «tournant historique».

Dans le monde:

— Le premier grand test électoral de Trump

Donald Trump subira l'année prochaine son premier test électoral d'importance deux ans après son élection surprise à la Maison-Blanche. Les élections de mi-mandat consistent à renouveler le tiers du Sénat et toute la Chambre des représentants. En ce moment, les républicains contrôlent les deux chambres, ce qui leur donne la haute main sur toutes les lois adoptées aux États-Unis. Traditionnellement, à la Chambre des représentants, le parti du président tend à perdre des plumes aux élections de mi-mandat; la tendance contraire est survenue seulement trois fois depuis 1932, souligne Christophe Cloutier-Roy, spécialiste de la politique américaine à la Chaire Raoul-Dandurand. Selon le portrait actuel, c'est à la Chambre que les démocrates pourraient espérer une percée, et si le président Trump demeure aussi impopulaire, il serait même possible que les républicains perdent le contrôle pour une première fois depuis 2011, selon l'expert. Dans les courses au Sénat, le Parti républicain de Donald Trump pourrait se démarquer dans des États où le président a été élu avec une importante majorité, dont le Montana, le Dakota du Nord, la Virginie-Occidentale et la Floride. Aussi à surveiller, selon M. Cloutier Roy: la course des gouverneurs. «Ça va être très important, parce que le parti qui va gagner ces postes-là va être en mesure de présider le redécoupage qui aura lieu après le recensement en 2020.»

— Poutine pourrait battre un record de Staline

Le controversé président russe tente de briguer un quatrième mandat pour l'élection présidentielle qui est prévue en mars prochain. S'il est réélu, Vladimir Poutine battra le record de longévité détenu par le dictateur soviétique Joseph Staline. Si l'on en croit les récents sondages, M. Poutine vogue vers une réélection confortable: plus de 80 pour cent des Russes approuvent son travail. Le dirigeant de 65 ans est au Kremlin depuis 2000. Il a été président de 2000 à 2008, avant de devenir premier ministre pendant six ans, puis de reprendre les rênes du pays en 2012. L'opposition contre M. Poutine est largement fragmentée, mais il y a une nouvelle venue, l'animatrice de télévision Ksenia Sobtchak, qui est la fille de l'ancien mentor du président, Anatoli Sobchak.

En culture:

— Les Golden Globes et les Oscars post-Weinstein

Traditionnellement, aux galas de l'Association hollywoodienne de la presse étrangère et de l'Académie des arts et des sciences du cinéma, les films du puissant producteur Harvey Weinstein étaient célébrés en grand. Le 7 janvier et le 4 mars prochains à l'occasion du 75e gala des Golden Globes et du 90e gala des Oscars, le portrait sera radicalement différent dans la foulée des multiples accusations d'agression et de harcèlement sexuels qui pèsent contre M. Weinstein. Ce sont deux animateurs d'émissions de fin de soirée qui seront à la barre de ces galas, Seth Meyers et Jimmy Kimmel, qui ont l'habitude de ne pas faire dans la dentelle. «Je n'ai aucun intérêt à protéger Harvey Weinstein. Je ne pourrais pas moins me soucier de Harvey Weinstein. J'espère qu'il aura ce qu'il mérite et que nous passerons à autre chose», avait confié Jimmy Kimmel au site Vulture. En plus de M. Weinstein, d'autres artistes populaires à ces galas ont fait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle, dont les acteurs Kevin Spacey et Dustin Hoffman, ainsi que le réalisateur Roman Polanski.

— Les suites de l'affaire Rozon

Qu'adviendra-t-il du festival Juste pour rire? Il semble que le tout nouveau festival du rire, le «Grand Montréal comédie fest», qui a été lancé par des dizaines d'humoristes dans la foulée des allégations de nature sexuelle contre Gilbert Rozon, risque de nuire au Groupe Juste pour rire. De nombreux humoristes qui ont contribué à sa renommée ont déjà annoncé qu'ils participeraient au nouveau festival du rire, dont Jean-Michel Anctil, Michel Barrette, Lise Dion et Mike Ward, tout comme Martin Petit et Réal Béland, qui font partie des instigateurs du projet. Selon la programmation dévoilée à la mi-décembre, le festival aura lieu du 1er au 15 juillet, ce qui signifie qu'il chevauchera les dates du Zoofest et du festival Juste pour rire, qui commencent le 5 juillet pour se terminer le 28 juillet.