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31/12/2017 15:28 EST | Actualisé 31/12/2017 15:30 EST

Le lancer de hache, une activité antistress offerte à Montréal

«On a eu des enfants de 10 ans qui lançaient mieux que leurs parents.»

PC/Paul Chiasson
Anton Pushkar, propriétaire de l'Académie Rage.

N'amenez pas de photo de votre patron — c'est le mot d'ordre qu'Anton Pushkar donne à ses clients qui viennent dans son établissement montréalais pour pratiquer le lancer de la hache.

«Des gens nous ont dit: "Est-ce que je peux mettre la photo de quelqu'un de vraiment spécial directement sur la cible?"», a-t-il relaté en entrevue.

«Et on a eu quelques personnes qui étaient plus sérieuses. Ce n'est pas ce qu'on veut voir, mais ils le demandent.»

Selon le site internet, l'Académie Rage est dotée de 12 couloirs de lance, qui sont séparés par des clôtures en acier. Les clients qui entrent dans l'établissement sont accueillis par une immense inscription qui se lit ainsi: «Contrôlez votre rage».

L'établissement peut accueillir jusqu'à 60 personnes «pour différentes sortes d'événements, tels qu'un enterrement de vie de garçon ou la célébration d'un divorce», peut-on lire sur le site internet.

Anton Pushkar souligne que le lancer de la hache est un mode de divertissement relativement nouveau. L'homme de 27 ans originaire de la Sibérie ajoute que plusieurs célibataires viennent chez lui pour s'essayer.

«Vous seriez surpris, mais les filles maîtrisent généralement plus rapidement (le lancer de la hache) que les gars», a-t-il expliqué.

Les enfants peuvent pratiquer l'activité, mais seulement s'ils sont capables de lancer de façon sécuritaire une petite hache.

«On a eu des enfants de 10 ans qui lançaient mieux que leurs parents», a-t-il indiqué, ajoutant que plusieurs octogénaires étaient aussi venus s'exercer.

Roger Beaudoin, âgé de 96 ans, qui compétitionnait auparavant dans des festivals de bûcherons, s'est aussi prêté au jeu. Il a déjà fini premier à plusieurs concours de lancer de la hache.

Mais M. Beaudoin, qui pratique encore ce sport dans son village de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, dit qu'il n'a pas ses habiletés d'antan.

«Toute bonne chose a une fin, a-t-il dit en entrevue avec La Presse canadienne. Je n'ai pas la capacité d'être précis comme j'étais, mais je suis encore capable de lancer une hache.»

Aucun incident avec les haches

Anton Pushkar, qui a quitté la Russie pour Montréal il y a 14 ans avec ses parents, a assuré que toutes les activités étaient supervisées par des instructeurs, qui fournissent aussi de la formation.

La consommation d'alcool n'est pas permise à l'Académie Rage et les clients en état d'ébriété se font dire «d'aller prendre de l'air et de revenir», selon M. Pushkar.

«Jusqu'à maintenant, ici, nous n'avons eu aucun incident impliquant des haches», a-t-il déclaré.

Mais certaines personnes finissent par se couper en tentant de vérifier si la hache est bien aiguisée. «Les pansements constituent notre principale dépense en matière de sécurité», a-t-il blagué.

Pour se pratiquer pendant une heure, il faut débourser 40 $ pour trois personnes pendant la semaine, et 50 $ la fin de semaine.

Un tournoi à Toronto

Les compétiteurs sérieux peuvent même s'inscrire à la Fédération nationale du lancer de la hache, dont les membres sont originaires du Canada, des États-Unis, de l'Australie et de la Pologne.

La fédération établie à Toronto, qui a été instaurée en 2016, représente 17 organisations qui regroupent plus de 3000 membres habitant 39 villes.

Un tournoi important se tient chaque année en février à Toronto.

«La première étape du tournoi implique toutes les organisations qui font partie de la (fédération)», a expliqué le commissaire Matt Wilson.

«Les 128 meilleures personnes participent ensuite à la dernière journée du tournoi à Toronto.»

Le mandat précis de la fédération est de promouvoir des règles uniformes pour les compétitions, des mesures de sécurité et des techniques d'entraînement.