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30/12/2017 09:43 EST | Actualisé 30/12/2017 09:43 EST

La Cour suprême russe confirme le rejet de l'opposant Navalny à la présidentielle

La Commission électorale russe avait rejeté lundi la candidature de M. Navalny au scrutin du 18 mars.

Tatyana Makeyeva / Reuters

La Cour suprême russe a rejeté samedi un appel du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, confirmant l'interdiction qui lui a été faite par la Commission électorale de se présenter à l'élection présidentielle de mars prochain.

La haute instance a décidé de "rejeter l'appel" de l'opposant, a annoncé le juge Nikolaï Romanenko, cité par les agences russes.

La Commission électorale russe avait rejeté lundi la candidature de M. Navalny au scrutin du 18 mars, invoquant une condamnation judiciaire pour détournement de fonds que l'opposant dénonce comme "fabriquée" pour l'éloigner de la politique.

"Nous allons faire appel de cette décision de la Cour suprême. Nous allons porter plainte devant la Cour européenne des droits de l'Homme", a réagi l'avocat de l'opposant, Ivan Jdanov, cité par l'agence Interfax.

Charismatique juriste à l'origine d'enquêtes sur la corruption des élites russes, Alexeï Navalny, 41 ans, a décrété une "grève du vote" après le rejet de sa candidature lundi, appelant ses partisans à boycotter le scrutin.

L'opposant, qui dispose d'une fidèle base de soutiens et a organisé deux manifestations d'ampleur cette année, a également appelé ses soutiens à descendre dans la rue pour protester le 28 janvier.

L'Union européenne avait dénoncé le rejet de la candidature de l'opposant, qui jette, selon elle, "un sérieux doute sur le pluralisme politique en Russie et la perspective d'élections démocratiques l'année prochaine".

Plus d'une vingtaine de candidats ont dit vouloir affronter Vladimir Poutine lors de la présidentielle du 18 mars. Seront ainsi dans la course les traditionnels candidats du Parti communiste et des nationalistes du LDPR, ainsi que la journaliste proche de l'opposition libérale Ksenia Sobtchak, qui espère réunir les Russes mécontents.

Vu la popularité du président au pouvoir depuis 18 ans et l'absence de son principal opposant, certains observateurs envisagent une abstention élevée qui affaiblirait la légitimité du résultat.