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Noël, c'est aussi des tonnes de papier d'emballage aux sites d'enfouissement

Si l'on mettait sur le plateau d'une balance tout le papier d'emballage jeté par les Canadiens cette année, il faudrait asseoir 100 000 éléphants sur l'autre plateau.

28/12/2017 16:06 EST | Actualisé 28/12/2017 16:06 EST
THE CANADIAN PRESS/Fred Chartrand

Si l'on mettait sur le plateau d'une balance tout le papier d'emballage jeté par les Canadiens cette année, il faudrait asseoir 100 000 éléphants sur l'autre plateau. Et les cadeaux de Noël doivent être responsables d'une bonne partie de ce troupeau de pachydermes.

Selon l'organisme Zéro déchet Canada, établi à Vancouver, chaque Canadien jette environ 50 kilos d'ordures pendant le temps des Fêtes, soit 25 pour cent de plus que pendant le reste de l'année: ils achètent 3000 tonnes de papier d'aluminium, 2,6 milliards de cartes de Noël et six millions de rouleaux de ruban adhésif.

Chaque année, 540 000 tonnes de papier d'emballage et sacs cadeaux sont jetés par les Canadiens. Les sacs cadeaux, les rubans et le ruban adhésif ne vont pas au recyclage. Certaines municipalités, comme Toronto, recyclent le papier d'emballage «neutre», mais tout ce qui brille, contient de l'aluminium ou du velours doit être jeté aux ordures et finira dans les sites d'enfouissement.

La Ville de Winnipeg n'accepte au recyclage aucun papier d'emballage. On explique que les citoyens ne savent pas trop faire le tri, et que les colorants utilisés dans le papier d'emballage sont trop intenses, rendant le coût du désencrage exorbitant.

À Toronto, les autorités municipales ont beau informer la population, le tri entre ce qui est recyclable et ce qui ne l'est pas complique toute l'opération à l'usine après les Fêtes.

Plusieurs municipalités, comme Montréal, ont mis sur pied un programme de récupération des arbres de Noël, pour en faire du paillis qui sera épandu dans les carrés d'arbre. Mais encore faut-il que les citoyens retirent soigneusement de l'arbre les décorations et autres ornementations métalliques. Il faut aussi respecter les dates de cueillette dans son secteur, en vérifiant sur le site internet de la Ville.

Selon les plus récentes données de Statistique Canada, plus de 25 millions de tonnes d'ordures ont abouti dans des sites d'enfouissement en 2014 au Canada. La quantité d'ordures produites par les ménages a connu une hausse de 18 pour cent depuis 2002, alors que celle produite par les entreprises et les industries a baissé de trois pour cent.

Dans un rapport environnemental publié plus tôt ce mois-ci, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) épinglait le Canada pour ses faibles taux de recyclage et de compostage, et pour son penchant à envoyer aux sites d'enfouissement une bonne partie de ses déchets. L'OCDE attribue cette habitude aux coûts peu élevés de l'enfouissement et au manque d'incitatifs financiers pour recycler ou composter ses déchets et ses matières résiduelles.

En 2014, chaque Canadien a produit plus de 700 kilos d'ordures, alors que la moyenne dans les pays de l'OCDE était de 520 kilos. Ce sont les Albertains qui produisent le plus d'ordures, alors que les Néo-Écossais en produisent le moins.