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Un échange de plus de 300 prisonniers effectué dans l'est de l'Ukraine

Mais quelques dizaines d'entre eux auraient préféré demeurer dans le pays.

27/12/2017 20:44 EST | Actualisé 27/12/2017 20:44 EST

Les autorités ukrainiennes et les séparatistes rebelles soutenus par la Russie ont procédé, mercredi, au plus important échange de prisonniers depuis le début du conflit armé dans l'est du pays.

Les séparatistes des républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk ont relâché 74 prisonniers en échange de 233 détenus libérés par le gouvernement ukrainien.

L'échange a été supervisé par des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Des représentants des deux clans avaient convenu de l'échange la semaine dernière. Le chef de l'Église orthodoxe russe a agi en tant que médiateur.

Une porte-parole du bureau du procureur général d'Ukraine, Larisa Sargan, a révélé sur Facebook qu'une femme figurant parmi les 74 personnes libérées par les rebelles avait choisi de demeurer à Donetsk.

Transportant leurs effets personnels, les prisonniers ont été échangés dans la ville de Horlivka et dans le village de Zaitseve, dans une région qui sépare l'Ukraine des zones séparatistes. L'un des prisonniers tenait un chat.

«Je suis sorti de l'enfer. J'ai survécu», a déclaré Yevhen Chudentsov, qui s'était enrôlé dans un bataillon de volontaires ukrainiens et avait été fait prisonnier en février 2015.

M. Chudentsov a raconté avoir été menacé et battu pendant sa captivité chez les rebelles. Il a perdu des dents après avoir reçu des coups.

L'ex-prisonnier a confié qu'il avait d'abord été condamné à mort, mais que sa sentence avait ensuite été commuée en 30 ans d'emprisonnement. Après sa libération à Horlivka, il a assuré qu'il rejoindrait de nouveau les rangs de l'armée ukrainienne.

L'Ukraine devait initialement libérer 306 détenus, mais quelques dizaines d'entre eux auraient préféré demeurer dans le pays, alors que d'autres avaient déjà été libérés, a expliqué Viktor Medvedchuk, qui supervisait la transaction du côté ukrainien.

Plusieurs des prisonniers n'étaient pas des combattants. Certains sont des activistes et des blogueurs accusés d'espionnage ou de trahison.

Anatoly Slobodyanik, l'un des détenus échangés par le gouvernement, a mentionné qu'il ne voulait pas rejoindre le côté des rebelles et qu'il désirait simplement rentrer chez lui à Odessa.

«Je ne suis coupable de rien et je ne veux pas aller de l'autre côté», a-t-il fait savoir.

Le président de l'Ukraine, Petro Porochenko, a salué l'endurance des prisonniers retenus par les rebelles.

«Je suis reconnaissant envers tous ceux qui sont demeurés loyaux à l'Ukraine dans ces conditions insoutenables. Ils ont démontré leur attachement aux principes de liberté et d'indépendance», a commenté le président Porochenko.

Il en a aussi profité pour remercier la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, pour leur aide dans l'organisation de l'échange.

Le conflit dans l'est de l'Ukraine entre les séparatistes soutenus par la Russie et les troupes gouvernementales ukrainiennes a fait plus de 10 000 morts depuis 2014. La trêve conclue en 2015 prévoyait la libération de tous les prisonniers, mais les deux parties ont gardé des centaines de détenus pour en faire une monnaie d'échange.