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22/12/2017 17:02 EST | Actualisé 22/12/2017 17:02 EST

Loblaw critiquée pour sa réaction au stratagème de fixation du prix du pain

Les bonnes intentions de l'entreprise ne semblent cependant pas avoir freiné les démarches de recours collectifs.

Chris Wattie / Reuters

La tentative de Loblaw de minimiser les répercussions potentielles de l'enquête sur un stratagème allégué de fixation des prix du pain, en admettant sa culpabilité et en offrant des cartes-cadeaux a été accueillie par de vives réactions de la part de consommateurs sceptiques et de concurrents indignés.

Loblaw et l'entreprise-soeur George Weston limitée ont révélé, mardi, avoir informé le Bureau de la concurrence de leur découverte d'un stratagème de fixation des prix qui dure depuis 14 ans. En signe de bonne volonté, Loblaw a dit vouloir offrir aux consommateurs des cartes-cadeaux de 25 $ utilisables dans ses magasins partout à travers le Canada.

Le président et chef de la direction Galen G. Weston a reconnu, mardi, que «cette situation n'aurait jamais dû se produire». Il a expliqué le geste d'offrir des cartes-cadeaux comme un signe d'admission de culpabilité et d'engagement envers les consommateurs pour regagner leur confiance.

Toutefois, certains parmi les premiers visiteurs à se rendre sur la page Internet créée pour la distribution des cartes, ont exprimé certaines inquiétudes. La page en question avait l'apparence d'un site frauduleux comme ceux utilisés pour hameçonner les internautes.

Le site web, au moment de sa mise en ligne mardi, ne contenait pas de texte explicatif sur la politique d'utilisation des renseignements personnels. Ce qui a été corrigé depuis, a confirmé à La Presse canadienne le porte-parole de Loblaw, Kevin Groh.

Parmi les autres détails qui ont soulevé des doutes chez les visiteurs, le logo de l'entreprise indiquait seulement «Loblaw» plutôt que le nom complet de l'entité d'affaires. Aucun lien vers les autres pages de l'entreprise, ni indication de protection de propriété intellectuelle n'étaient aussi visibles.

Certains observateurs s'inquiètent que des fraudeurs tentent d'acheter des noms de domaine semblables et créer un registre parallèle pour tenter de flouer certains consommateurs en volant leurs informations personnelles.

Loblaw dit prendre les devants et tente d'acquérir des variations d'adresses URL contenant son nom afin de rediriger les consommateurs sur la bonne page.

Les bonnes intentions de l'entreprise ne semblent cependant pas avoir freiné les démarches de recours collectifs, dont l'un a été déposé deux jours après les excuses de l'entreprise.

Un Ontarien qui milite contre la pauvreté agit comme plaignant dans un recours déposé jeudi qui réclame un milliard de dollars à Loblaw, George Weston et cinq autres entreprises qui font l'objet d'une enquête.

Les excuses et les aveux de culpabilité de Loblaw ont aussi été tournés en dérision par ses principaux rivaux, Sobeys et Metro. Ces concurrents ont critiqué la tentative de Loblaw de les impliquer dans le stratagème en soutenant qu'il était «répandu dans toute l'industrie».

Sobeys, Metro, Canada Bread, Walmart et Tigre Géant sont toutefois nommés dans les affidavits recueillis par le Bureau de la concurrence. Metro et Sobeys ont nié leur implication dans le stratagème.