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22/12/2017 16:47 EST | Actualisé 22/12/2017 16:47 EST

11 adolescents marocains devant la justice pour «manifestation non autorisée»

Certains portaient des «traces de coups et de blessure sur le corps».

Onze mineurs de 10 à 14 ans ont été brièvement arrêtés et seront jugés pour "participation à une manifestation non autorisée" dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, a-t-on appris vendredi auprès de leur avocat.

Ces garçons avaient participé à une manifestation dimanche à Imzouren, une localité de la province d'Al-Hoceïma, ébranlée des mois durant par le mouvement de contestation sociale du Hirak né après la mort d'un marchand de poisson en octobre 2016.

Ils ont été interpellés dans la nuit de dimanche à lundi, retenus pendant trois jours par les forces de l'ordre puis relâchés mercredi, a indiqué à l'AFP l'avocat Rachid Rachid Benali, coordinateur du Comité de défense des détenus d'Al-Hoceïma.

Certains portaient des "traces de coups et de blessure sur le corps", a affirmé sur Tweeter le journaliste indépendant Omar Radi, citant des sources familiales.

Jeudi, un juge du tribunal de première instance d'Al-Hoceïma a décidé de les poursuivre pour "participation à une manifestation non autorisée" et "violences contre les forces de l'ordre", selon Me Benali.

La première audience aura lieu le 15 janvier, a précisé l'avocat. Des mineurs ont déjà été condamnés ces derniers mois dans la région pour les mêmes motifs.

Le Rif a été agité pendant plusieurs mois par des manifestations dénonçant le sous-développement de cette région historiquement frondeuse, pauvre et enclavée.

Depuis mai, les autorités marocaines ont arrêté "des centaines de manifestants" et "au moins 410 sont actuellement détenus", selon Amnesty International qui demande la libération de ces "prisonniers de conscience".

Le procès des meneurs du mouvement, dont le leader Nasser Zefzafi, a commencé il y a plusieurs semaines avec des questions de forme, et les débats sur le fond devraient commencer à la prochaine audience, prévue le 26 décembre.

Les accusés sont poursuivis pour différents motifs, parfois très graves comme celui "d'atteinte à la sécurité de l'Etat" qui peuvent leur valoir de lourdes de peines de prison - ou même théoriquement la peine de mort.

Les arrestations de mineurs ont suscité l'émoi sur les réseaux sociaux, où des internautes et militants pro-Hirak ont fustigé un "Etat voyou".

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