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20/12/2017 18:54 EST | Actualisé 20/12/2017 18:54 EST

Santé Canada accélère le processus d'autorisation des producteurs de cannabis

Une licence n'est accordée que si l'entreprise franchit avec succès le processus d'autorisation de sécurité.

THE CANADIAN PRESS/Ron Ward

Santé Canada a presque doublé le nombre de producteurs de cannabis agréés depuis six mois, et des centaines d'autres requêtes sont sur le point d'être approuvées.

Le ministère fédéral a accéléré le processus en mai dernier pour accroître rapidement le nombre de producteurs agréés, alors que le gouvernement tente de faire adopter d'ici l'été prochain son projet de loi qui légaliserait l'usage de la marijuana récréative. Certains observateurs prédisent toutefois une pénurie de marijuana lorsque la loi entrera en vigueur.

Santé Canada avait accordé depuis quatre ans des licences à 44 producteurs de cannabis à des fins thérapeutiques; depuis le mois de mai, ce nombre a presque doublé, pour atteindre 80 licences.

Le ministère précise toutefois que 208 autres requérants ont franchi avec succès le processus d'autorisation de sécurité et ont atteint les étapes finales de l'examen fédéral.

Une licence n'est accordée que si l'entreprise franchit avec succès le processus d'autorisation de sécurité, que la requête respecte les exigences réglementaires et que les installations sont déjà construites, a précisé la porte-parole de Santé Canada, Tammy Jarbeau.

Si ces 208 entreprises devaient obtenir le feu vert d'Ottawa, le nombre total de licences attribuées jusqu'ici serait triplé, ce qui suggère que les mesures mises en place depuis mai pour accélérer le processus ont porté leurs fruits.

Des experts préviennent toutefois que tous ces nouveaux producteurs ne pourront pas livrer la marchandise à brève échéance, et que leur nombre, qui peut sembler important, ne se traduira pas par une abondance de cannabis si la loi est adoptée d'ici juillet.

Pénurie à craindre

Une fois leur licence en poche, les producteurs devront ensuite réaliser leur montage financier, semer les plants et organiser l'approvisionnement aux grossistes, explique Vahan Ajamian, analyste chez Beacon Securities. «La pénurie pourrait être relative pendant les deux premiers mois, mais je prédis toujours des pénuries, surtout dans les régions et les provinces qui ne se seront pas dotées d'une solide chaîne d'approvisionnement.»

Les gouvernements provinciaux de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador ont déjà manifesté leur inquiétude.

Selon une estimation de la firme Canaccord Genuity, la demande pour la marijuana thérapeutique et récréative au Canada atteindra près de 570 000 kilos d'ici 2021. Or, Santé Canada évaluait les inventaires en juin dernier à moins de 40 000 kilos — 14 fois moins.

Une avocate spécialisée dans les affaires réglementaires attribue ce retard à la sévérité des critères d'accréditation. Selon Eileen McMahon, de 70 à 75 pour cent des requérants n'ont pu obtenir de licence — un taux d'échec qui serait beaucoup plus élevé que pour du matériel médical ou des médicaments, des secteurs très réglementés.

Et les producteurs qui auront décroché une licence ne seront pas pour autant au bout de leur peine: ils devront montrer toujours patte blanche par la suite, prévient Me McMahon. «ll faudra avoir le coeur solide; la question sera de savoir qui pourra s'accrocher et survivre.»

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