POLITIQUE

Philippe Couillard prend en main les négociations avec les médecins spécialistes

On savait déjà que le torchon brûle entre la FMSQ et le ministre Barrette concernant les mesures qui visent à favoriser l'accès aux soins de santé.

20/12/2017 15:36 EST | Actualisé 21/12/2017 08:26 EST
Jacques Boissinot/PC

À quelques heures de déposer une requête en Cour supérieure pour faire valoir le droit de ses membres de négocier leurs conditions de travail, la Fédération des médecins spécialistes du Québec a reçu un appel du premier ministre Philippe Couillard, mercredi, pour lui annoncer qu'il va "prendre en main" le dossier.

La présidente de la FMSQ, Dre Diane Francoeur, s'est présentée accompagnée du directeur des négociations de la fédération, Me Sylvain Bellemare, qui tenait dans sa main la volumineuse requête judiciaire qu'il s'apprêtait à présenter à la cour.

Selon les informations données par la FMSQ, un nouveau comité de négociations va tenir une première réunion jeudi et il se rapportera directement au premier ministre Couillard, écartant du même coup le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

On savait déjà que le torchon brûle entre la FMSQ et le ministre Barrette concernant les mesures qui visent à favoriser l'accès aux soins de santé.

Plus tôt cette semaine, le ministre Barrette a brandi la menace de faire appliquer la loi 20 dès janvier. Celle-ci prévoit des mesures de "réduction de la rémunération" si les médecins n'atteignent pas les objectifs fixés par Québec.

Toutes les mesures punitives sont donc suspendues pour le moment afin de laisser la chance au nouveau comité d'en venir à une entente sur les conditions de pratique des médecins spécialistes.

L'objectif du comité est d'obtenir une entente finale d'ici la mi-février 2018.

Au cabinet du premier ministre, le directeur des communications Daniel Desharnais explique que le statut de Gaétan Barrette ne change pas et il soutient qu'il n'y aucun désaveu à l'endroit du ministre.

"L'objectif du premier ministre est d'en arriver à une entente négociée et il veut qu'on se mette en mode blitz pour y arriver", affirme M. Desharnais.

Aucun commentaire n'a été formulé du côté du cabinet du ministre de la Santé.

Le téléphone sonne

À l'origine, la FMSQ devait annoncer qu'elle prenait la voie des tribunaux pour faire valoir son droit de négocier les conditions de travail de ses membres. "Ce que nous refuse le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, depuis plus d'un an", a précisé la présidente, Dre Diane Francoeur.

Toutefois, un appel du premier ministre Couillard, vers 9 h 30 mercredi matin, a tout changé.

"Nous nous sommes entendus sur des objectifs communs de mieux collaborer, de mieux travailler dans un climat respectueux où l'intimidation et les menaces seront exemptes", a rapporté Mme Francoeur, qui s'est réjouie de cette main tendue.

La présidente de la FMSQ soutient que les négociations se déroulent dans la confrontation depuis trop longtemps. Le changement de climat ne peut qu'être favorable, selon elle.

"Quand le premier ministre prend un dossier dans son bureau, pour moi, ça ne peut qu'être une bonne nouvelle parce que c'est lui le "boss", c'est lui qui prend les décisions", estime Mme Francoeur.

"Il est donc évident que le premier ministre constate que l'approche de son ministre de la Santé a mené à un cul-de-sac", a-t-elle commenté.

Le nouveau groupe de travail sera notamment formé de Maurice Charlebois, Édith Lapointe, du secrétariat à la négociation du Conseil du trésor, et Roberto Iglesias, secrétaire général et greffier du Conseil exécutif.

D'après le communiqué de presse de la FMSQ, le comité aura pour tâche de négocier les conditions de pratique, les conditions de rémunération échues depuis mars 2015 ainsi que les mesures d'accessibilité aux services de la loi 20.

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