POLITIQUE
19/12/2017 12:34 EST | Actualisé 19/12/2017 14:25 EST

Les allégations d'Yves Francoeur sur les élus libéraux sont non fondées

«Il n'existe pas de motifs raisonnables de croire qu'une infraction criminelle a été commise par quiconque.»

Jacques Boissinot/PC
Yves Francoeur

Les allégations du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, au sujet d'un présumé trafic d'influence impliquant des élus libéraux étaient non fondées, a conclu mardi la Sûreté du Québec (SQ).

M. Francoeur avait soutenu plus tôt ce printemps, dans une déclaration écrite à la SQ, que le directeur du Service de police de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, avait bloqué une enquête policière visant le ministre Jean-Marc Fournier et l'ex-ministre Raymond Bachand à l'époque où il était enquêteur à la SQ.

M. Francoeur reprochait également à M. Pigeon d'avoir soulevé l'ire des procureurs de la Commission Charbonneau en agissant de la même manière lorsqu'il était directeur des enquêtes à la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Une équipe mixte composée d'officiers et d'enquêteurs de la SQ, de la Gendarmerie royale du Canada et des services de police de Québec, Laval et Longueuil avait été expressément mise sur pied pour enquêter sur les propos tenus par M. Francoeur, sous la supervision de Madeleine Giauque, directrice du Bureau des enquêtes indépendantes, et d'Yves Morency, directeur général par intérim de la SQ.

Dans le cadre de l'enquête, plus d'une soixantaine de personnes impliquées de près ou de loin dans les faits énoncés par M. Francoeur ont été rencontrées, précise la SQ, mardi.

Le corps policier ajoute qu'"à la suite de l'analyse de l'ensemble des éléments, l'équipe mixte en arrive à la conclusion qu'aucune preuve ne démontre quelque fraude ou trafic d'influence". Selon la SQ, "il n'existe pas de motifs raisonnables de croire qu'une infraction criminelle a été commise par quiconque".

Yves Francoeur a pris connaissance des conclusions de la SQ, mais a choisi de ne pas offrir de commentaires à ce sujet.

"À la suite de l'annonce par la Sûreté du Québec de la conclusion de l'enquête sur les allégations qu'il a relayées à titre de sonneur d'alerte, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, monsieur Yves Francoeur, prend acte de la conclusion de ladite enquête", se contente-t-on de dire dans un communiqué diffusé par le syndicat, mardi après-midi.

Les propos d'Yves Francoeur cet automne avaient fait bondir plusieurs personnes, tant du côté de la police que de la classe politique.

En conférence de presse, en septembre dernier, Robert Pigeon avait déclaré que M. Francoeur était "une honte pour (la) profession" de policier.

"C'est complètement impossible que j'aie pu influencer quiconque pour que cessent les opérations d'enquête", avait-il martelé.

Invité à commenter les conclusions de la SQ dans cette affaire, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, est demeuré prudent, mardi, indiquant simplement qu'il était important que des vérifications soient faites concernant les allégations d'Yves Francoeur.

"Les allégations qui ont été faites par M. Francoeur étaient très sérieuses, elles ont alimenté évidemment, peut-être, un certain cynisme au sein de la population, a-t-il déclaré. C'est important de faire des vérifications (et) il fallait que ces vérifications soient sérieuses. Elles ont été faites. Elles ont mené à la conclusion qu'il n'y avait pas lieu de croire qu'il y avait quelque faute qui avait été commise."

J'en prends note, je pense que la population doit en prendre note.Martin Coiteux

M. Coiteux a toutefois refusé de commenter personnellement les conclusions ni de dire si M. Francoeur avait toujours de la crédibilité à ses yeux. Il n'a pas non plus voulu dire s'il lui demanderait de s'expliquer.

"Il va peut-être vouloir s'exprimer, ça lui appartient et puis moi je ne vais pas m'exprimer en son nom. La seule chose que je dois dire ici, à titre de ministre de la Sécurité publique, c'est qu'on n'a pas pris ça à la légère ces allégations-là. C'était très sérieux, ça peut miner la crédibilité des institutions au sein de la population, ça sème des doutes, ça fait en sorte que ça alimente le cynisme, alors il faut que ce soit sérieux, et ça méritait d'être vérifié sérieusement."