POLITIQUE

Jean-Marc Fournier exige des excuses de Francoeur

Il exhorte le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, à s'excuser pour avoir propagé de «fausses allégations» à son endroit.

19/12/2017 17:27 EST | Actualisé 21/12/2017 08:25 EST
THE CANADIAN PRESS

Le leader parlementaire du gouvernement Jean-Marc Fournier exhorte le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, à s'excuser pour avoir propagé de «fausses allégations» à son endroit.

M. Fournier n'a pas caché sa colère, mardi après-midi, après que la Sûreté du Québec (SQ) eut conclu que les propos de M. Francoeur au sujet d'un présumé trafic d'influence impliquant des élus libéraux étaient non fondées.

«Le minimum serait qu'il soit dans les médias au cours des prochaines heures et qu'il s'excuse (...) à la limite, qu'il explique ses gestes», a affirmé le leader parlementaire au cours d'un point de presse à l'Assemblée nationale.

Pour le moment, le président de la Fraternité n'a offert aucune réaction, indiquant, par voie de communiqué, qu'il prenait connaissance des conclusions de la SQ.

«À la suite de l'annonce par la Sûreté du Québec de la conclusion de l'enquête sur les allégations qu'il a relayées à titre de sonneur d'alerte, le président de la Fraternité, M. Francoeur, prend acte de la conclusion de ladite enquête», se contente-t-on de dire dans un communiqué diffusé par le syndicat, mardi.

M. Fournier a indiqué qu'il n'envisageait pas, «pour l'instant», la possibilité d'intenter une poursuite contre M. Francoeur, qualifiant d'«inadmissible» le silence du président syndical.

Le leader parlementaire n'a pas voulu dire s'il comptait ou non se présenter aux prochaines élections après avoir dit publiquement qu'il était en réflexion sur son avenir politique en raison des allégations soulevées.

«Il y a une marque de cette affaire que je porte en moi, a lancé M. Fournier. Tout ce qui a été écrit, tout ce qui a été dit, ne s'efface pas.»

M. Francoeur avait soutenu plus tôt ce printemps, dans une déclaration écrite à la SQ, que le directeur du Service de police de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, avait bloqué une enquête policière visant le ministre Fournier et l'ex-ministre Raymond Bachand à l'époque où il était enquêteur à la SQ.

Le président du syndicat policier reprochait également à M. Pigeon d'avoir soulevé l'ire des procureurs de la Commission Charbonneau en agissant de la même manière lorsqu'il était directeur des enquêtes à la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Les propos d'Yves Francoeur cet automne avaient fait bondir plusieurs personnes, tant du côté de la police que de la classe politique.

Une équipe mixte composée d'officiers et d'enquêteurs de la SQ, de la Gendarmerie royale du Canada et des services de police de Québec, Laval et Longueuil avait été expressément mise sur pied pour enquêter sur les propos tenus par M. Francoeur, sous la supervision de Madeleine Giauque, directrice du Bureau des enquêtes indépendantes, et d'Yves Morency, directeur général par intérim de la SQ.

Dans le cadre de l'enquête, plus d'une soixantaine de personnes impliquées de près ou de loin dans les faits énoncés par M. Francoeur ont été rencontrées, précise la SQ, mardi.

Le corps policier a précisé qu'«à la suite de l'analyse de l'ensemble des éléments, l'équipe mixte en arrive à la conclusion qu'aucune preuve ne démontre quelque fraude ou trafic d'influence». Selon la SQ, «il n'existe pas de motifs raisonnables de croire qu'une infraction criminelle a été commise par quiconque».

Invité à commenter les conclusions de la SQ dans cette affaire, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, est demeuré prudent, mardi, indiquant simplement qu'il était important que des vérifications soient faites concernant les allégations de M. Francoeur.

«Les allégations qui ont été faites par M. Francoeur étaient très sérieuses, elles ont alimenté évidemment, peut-être, un certain cynisme au sein de la population», a-t-il déclaré lors d'un événement à Québec, refusant toutefois de commenter personnellement les conclusions de l'enquête.

Pour sa part, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a qualifié la situation actuelle de «regrettable», affirmant qu'elle minait la confiance du public envers son organisation ainsi que «tout le système de justice».

«Une personnalité publique doit agir de façon responsable lorsqu'elle fait une déclaration dans les médias puisque ses propos sont immédiatement pris pour avérés alors que la véracité de ceux-ci n'est souvent déterminée que beaucoup plus tard», a indiqué la directrice des poursuites criminelles et pénales, Me Annick Murphy.

La Presse canadienne