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15/12/2017 10:26 EST | Actualisé 15/12/2017 10:26 EST

La fin du célibat des prêtres est proposée en Australie

Une commission recommande à la Conférence des évêques catholiques de l'Australie de demander au Vatican d'envisager le célibat volontaire des membres du clergé.

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Une commission royale d'enquête australienne sur les agressions sexuelles a recommandé vendredi à l'Église catholique d'abolir le célibat des prêtres et de traduire en justice les prêtres informés d'actes de pédophilie lors d'une confession.

La commission a présenté son rapport final en 17 volumes et 198 recommandations au terme d'une vaste enquête. La commission examinait depuis 2012 comment l'Église catholique et d'autres institutions ont réagi aux agressions sexuelles d'enfants en Australie depuis 90 ans.

Les commissaires ont entendu les témoignages de plus de 8000 victimes, dont 62 pour cent qui ont été agressées dans des institutions catholiques. Ils concluent donc à un «échec de leadership catastrophique» de l'Église catholique au fil des décennies.

La commission recommande à la Conférence des évêques catholiques de l'Australie de demander au Vatican d'envisager le célibat volontaire des membres du clergé. La Conférence devrait aussi demander au Vatican de clarifier si des actes de pédophilie découverts lors de la confession sont protégés par le secret du confessionnal, et si on devrait refuser l'absolution aux agresseurs tant qu'ils ne se seront pas dénoncés à la police.

Les responsables catholiques reçus par la commission avaient des opinions différentes concernant ce qu'un prêtre peut dévoiler concernant des actes de pédophilie entendus lors d'une confession.

La commission a formulé un total de 409 recommandations, en tenant compte des rapports intérimaires. Elle suggère notamment que la non-dénonciation de l'agression sexuelle d'un enfant soit criminalisée. Les membres du clergé qui se taisent pourraient être accusés.

Le président de la Conférence des évêques catholiques de l'Australie, monseigneur Denis Hart, a dit que plusieurs des recommandations «auraient un impact important sur le fonctionnement de l'Église catholique (...) en Australie». Il a ajouté que le Vatican se penche déjà sérieusement sur la question du secret du confessionnal et sur l'absolution des agresseurs qui ne se dénoncent pas à la police.

Il a toutefois prévenu que tout prêtre qui contreviendrait au secret du confessionnal risquerait d'être excommunié.

La commission a déterminé que le célibat ne cause pas directement l'agression d'enfants, mais qu'il peut y contribuer, surtout s'il est combiné avec d'autres facteurs de risque.

L'Australie est majoritairement catholique.