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14/12/2017 17:53 EST | Actualisé 16/12/2017 08:35 EST

Top 5 des meilleurs romans québécois en 2017

À quelques jours du congé des Fêtes, l’heure est venue d’identifier les romans québécois marquants de la dernière année.

À quelques jours du congé des Fêtes, l'heure est venue d'identifier les romans québécois marquants de la dernière année, question de célébrer la littérature d'ici et de savoir quoi faire pendant que la neige tombera et que le mercure fera des siennes.

Jonathan Pedneault

Toi aussi, mon fils – Jonathan Pedneault

L'ex-journaliste indépendant, désormais employé de l'organisme international Human Rights Watch, n'a pas peur des projets casse-gueule. Son premier roman met en lumière la quête de Matisse, un futur papa qui essaie de trouver comment devenir un homme, en lisant les carnets de son père absent, Antoine, un journaliste dont le regard sur le monde pourrait remporter des concours de cynisme et de brutalité. En théorie, tout était en place pour que Jonathan Pedneault se plante : un personnage central au potentiel repoussant, une histoire ponctuée de passages sur les différents conflits géopolitiques des trois dernières décennies qui auraient pu s'avérer rébarbatifs pour certains lecteurs, sans oublier les aller-retour temporels qui auraient pu en perdre certains autres. Pourtant, le nouvel écrivain ne tombe dans aucun piège. Sa plume est incisive, précise et fluide. Ses personnages sont nuancés, humains et captivants. On parle ici d'un grand roman.

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alto

Ici, ailleurs – Matthieu Simard

On salue à la fois le retour attendu du créateur à la littérature, six ans après la publication de La tendresse attendra, la qualité indubitable de son nouveau roman, et tout spécialement, son audace. Celle de ne pas surfer sur le succès de Ça sent la coupe. Celle de ne pas se vautrer dans sa zone de confort. Celle de se questionner, de se lancer un défi et de l'accomplir avec brio. Dans Ici, ailleurs, Simon et Marie tentent de renouer et de faire un bébé, après avoir déménagé dans un village en décrépitude. Cependant, leurs plans seront mis à mal par les personnages étranges qui croisent leur route, le côté plus ou moins surnaturel de l'endroit et les mensonges qu'ils se livrent entre deux baisers. Imminemment talentueux, Matthieu Simard s'intéresse à des enjeux universels dans un contexte unique, ce qui donne un roman aussi fascinant qu'inclassable.

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Kevin Lambert

Tu aimeras ce que tu as tué - Kevin Lambert

Ne commettons pas l'erreur d'applaudir Kevin Lambert parce qu'il a offert au monde un formidable texte à seulement 24 ans, comme si l'expérience de vie et les années de métier étaient à elles seules responsables de la réussite. L'écrivain saguenéen est doté d'un talent brut, tout simplement. En faisant le choix de se tenir loin du « néoterroir » de l'homme blanc hétérosexuel d'Amérique, Lambert saute à pieds joints sur sa région natale, en racontant le destin d'enfants morts dramatiquement, qui ressuscitent pour se venger. De page en page, l'auteur déploie une langue puissante, imagée, libre et a-b-s-o-l-u-m-e-n-t jouissive.

David Goudreault

Abattre la bête - David Goudreault

Après avoir classé ses deux premiers tomes, La bête à sa mère et La bête et sa cage, parmi les meilleurs livres québécois en 2015 et en 2016, il allait de soi que son troisième et dernier tome, aussi puissant sinon plus que ses précédents, finisse l'année dans notre palmarès. Avec sa plume survoltée, sa maîtrise totale de la langue québécoise, son imagination monstrueuse et sa lecture fine des problèmes de société, Goudreault retrouve la bête à l'Institut de santé psychiatrique Pinel, avant de le suivre dans une folle cavale, aux côtés d'une punkette et d'une prostituée ravagée par la vie. C'est drôle, c'est brutal, c'est haletant. Et ça augure bien pour la suite de la carrière de ce brillant écrivain.

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Stéfanie Clermont

Le jeu de la musique – Stéfanie Clermont

Il ne s'agit pas à proprement parler d'un roman, mais les nouvelles imaginées par l'écrivaine sont si formidablement racontées et entremêlées qu'on dirait presque. À travers ses personnages, tous issus du même groupe d'amis, on plonge sans retenue dans les petits et grands drames de la vie, des effets collatéraux d'un suicide jusqu'à la gueule de bois de manifestants politiques aux idéaux déçus. Avec une sensibilité à fleur de peau, un sens du récit impossible à nier, une affection particulière pour les marginaux et un regard qui n'appartient qu'à elle, pas étonnant que Stéfanie Clermont figure sur la liste préliminaire du Prix des libraires 2018.