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14/12/2017 13:32 EST | Actualisé 14/12/2017 13:32 EST

L'inaction d'Ottawa face au chantier Davie coûtera beaucoup plus que 800 emplois

Mais plus de 1300.

LA PRESSE CANADIENNE

Ce ne sont pas 800 emplois qui sont menacés à court terme par le refus d'Ottawa d'octroyer la construction d'un autre navire ravitailleur au chantier maritime Davie, mais bien plus de 1300 si on y ajoute les fournisseurs des régions de Québec et de Montréal.

Les représentants de la Coalition pour la sauvegarde du chantier Davie étaient de passage à Montréal, jeudi, où ils ont lancé un appel pressant aux députés libéraux du Québec afin qu'ils fassent pression sur le gouvernement Trudeau pour qu'il comprenne l'urgence de la situation.

L'entreprise a dévoilé les résultats d'une enquête qu'elle a menée auprès de 205 de ses 219 fournisseurs de la région de Montréal qui révèle que plus de la moitié d'entre eux seront affectés négativement par l'absence de nouvelle commande fédérale et que celles-ci prévoient près de 160 mises à pied à court terme.

Ce nombre s'ajoute aux 800 travailleurs du chantier Davie qui seront mis à pied avant la fin de l'année et aux 350 autres chez ses fournisseurs de la région de Québec.

Spencer Fraser, président et directeur-général de Federal Fleet Services, une filiale du propriétaire du chantier qui agit comme intermédiaire pour les contrats, a fait valoir que tant le Sénat que la Chambre des communes ont reconnu l'urgence de fournir à la Marine canadienne un autre navire ravitailleur identique à celui que vient de compléter la Davie.

Le chantier de Lévis a converti un porte-conteneurs en navire de ravitaillement, un projet inédit qui a permis de réaliser l'Astérix en deux ans au coût de 659 millions $. Un deuxième navire, l'Obélix, pourrait être réalisé selon les mêmes paramètres, ce qui voudrait dire une livraison en 2020.

Or, Ottawa prévoit prendre livraison de son prochain ravitailleur en 2021 du chantier de Vancouver qui doit lui en fournir deux au coût de 4,1 milliards $, mais ce délai est complètement irréaliste, selon M. Fraser. Le chantier Seaspan de Vancouver ne peut construire qu'un seul navire à la fois et il doit d'abord livrer quatre navires pour la Garde côtière, une commande qui ne sera complétée qu'en 2023, de sorte qu'un premier ravitailleur ne pourrait être livré avant 2026, selon M. Fraser.

Ce dernier dénonce d'ailleurs le refus du gouvernement Trudeau de rendre public l'échéancier réel de livraison de navires pour la Marine et la Garde côtière et demande aux députés libéraux québécois de réclamer la publication de cet échéancier.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral fait miroiter d'autres contrats à venir totalisant 2 milliards $, mais une analyse des critères d'octroi de ces contrats démontre que ceux-ci empêchent le chantier Davie d'en obtenir pour au-delà de 25 millions $, soit à peine 1,25 pour cent du total.