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14/12/2017 08:12 EST | Actualisé 14/12/2017 08:17 EST

La justice française ordonne un nouveau procès contre Dieudonné

De mal en pis pour le polémiste...

AFP/Getty Images

Le polémiste français Dieudonné est renvoyé devant un tribunal en France pour gestion frauduleuse de son patrimoine et pour dissimulation des recettes de ses spectacles, a appris jeudi l'AFP de source proche de l'enquête.

Un juge d'instruction a ordonné la tenue d'un procès contre Dieudonné M'BalaM'Bala pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale, ainsi que pour l'organisation frauduleuse de son insolvabilité.

Les investigations ont mis au jour 1,45 million d'euros (2,2 millions de dollars), dont la moitié en liquide, dissimulé au fisc entre 2009 et 2014 par le polémiste de 51 ans, qui se disait à l'époque ruiné et insolvable, selon la source proche de l'enquête.

Dieudonné conservait «depuis des années des recettes de ses spectacles en espèces non comptabilisées» sur les comptes de sa société «dans des proportions importantes», écrit le juge anticorruption français Renaud Van Ruymbeke dans son ordonnance de renvoi, selon cette source.

En janvier 2014, les enquêteurs avaient ainsi découvert plus de 650 000 euros (987 000 dollars) en espèces dans les coffre-forts de la propriété d'Eure-et-Loir (au sud-ouest de Paris) du couple, vendue par Dieudonné pour solder ses dettes, mais rachetée par sa boîte de production, co-gérée par sa compagne.

Par ailleurs, entre 2009 et 2014, Dieudonné M'bala M'bala, qui ne remplissait plus que de faibles déclarations de revenus, voire aucune pour l'année 2011, a néanmoins réalisé, parfois via ses proches, des transferts d'espèces à l'étranger pour près de 670 000 euros (1 017 000 dollars), principalement au Cameroun, pays où vivent certains de ses proches.

«Ce sera la première fois que l'ensemble de la 'Dieudosphère' comparaîtra devant un tribunal», se félicite David-Olivier Kaminski, avocat de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), qui avait porté plainte en 2012, faute d'obtenir les dommages et intérêts que lui devait le polémiste après plusieurs condamnations pour des propos diffamatoires ou de provocation à la haine raciale.

Début novembre, la justice française avait confirmé en appel la condamnation du polémiste à deux mois de prison avec sursis pour des propos antisémites et ordonné, dans un autre dossier, son expulsion du théâtre parisien de la Main d'Or.

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