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Deux journalistes de Reuters sont en captivité au Myanmar

L'agence est sans nouvelles de ses journalistes, qui sont accusés d'avoir eu en leur possession des documents sensibles, depuis mardi.

14/12/2017 14:21 EST | Actualisé 14/12/2017 14:22 EST
Alkis Konstantinidis / Reuters
Un camp de réfugiés rohingyas à la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh.

L'agence de presse Reuters réclame la libération immédiate de deux de ses journalistes qui ont été arrêtés au Myanmar pour avoir apparemment eu en leur possession «des documents importants».

Les journalistes avaient obtenu ces documents de deux policiers qui avaient travaillé dans l'État de Rakhine, où une vague de violence imputée aux forces de l'ordre a chassé quelque 630 000 membres de la minorité rohingya vers le Bangladesh voisin.

Le ministère birman de l'Information a annoncé mercredi que les reporters et les policiers seront accusés en vertu d'une loi qui pourrait leur valoir 14 ans de prison.

Reuters dit être sans nouvelles des journalistes Wa Lone et Kyaw Soe Oo depuis tard mardi soir. Le président de l'agence, Stephen J. Adler, a indiqué qu'ils ont été «arrêtés relativement à leur travail», puis il a dénoncé cette «attaque flagrante contre la liberté de presse» en réclamant leur libération immédiate.

Le ministère birman a publié une photo des deux journalistes menottés, debout derrière une table sur laquelle sont étalés des documents, des téléphones portables et de l'argent.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lui aussi condamné la détention des journalistes, en s'inquiétant d'une érosion de la liberté de presse au Myanmar. Le Comité pour la protection des journalistes a exigé leur libération «immédiate et inconditionnelle».

Par ailleurs, Médecins sans frontières rapporte que des enquêtes épidémiologiques réalisées dans des camps de réfugiés au Bangladesh estiment qu'au moins 9000 Rohingyas sont morts au Myanmar, dans l'État de Rakhine, entre le 25 août et le 24 septembre, et qu'au moins 6700 d'entre eux ont été tués, dont 730 enfants de moins de cinq ans.

Les Rohingyas chassés du Myanmar

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